Une mauvaise nouvelle pour LG. Le numéro deux coréen de l'électronique derrière Samsung devra affronter une alliance sino-japonaise dans les écrans Oled de télévision. Le chinois CSOT, bras armé de TCL dans les écrans plats, a noué un double partenariat capitalistique et industriel avec le japonais Joled, qui détient une technologie inédite de fabrication d’écrans Oled par impression. Avec à la clé, l’injection dans le capital de son allié nippon de 20 milliards de yens, l’équivalent d’environ 190 millions de dollars. De quoi luoi conférer 11 % du capital de Joled.
Les deux partenaires ont convenu de travailler conjointement pour développer un procédé de fabrication par impression de grands écrans Oled de télévision.
Une usine flambant neuve
Créée en 2015 comme coentreprise entre Sony et Panasonic, Joled s’appuie sur 10 ans de recherche et développement d’un procédé de fabrication d’écrans Oled par impression qui offrirait l’avantage d’être plus efficace, plus écologique et mieux adapté à la production de grands écrans que les procédés traditionnels de déposition sous vide. La société compte parmi ses actionnaires Japan Display, deuxième fabricant japonais d’écrans LCD après Sharp, ainsi que Denso, équipementier automobile, et les équipementiers de production d’écrans plats comme Toyota Tsusho, Sumitomo Chemicals et Screen Finetech Solutions.

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Depuis novembre 2019, Joled dispose à Nomi, dans la préfecture d’Ishikawa, d’une usine flambant-neuve pour la production de masse d’écrans Oled d’une capacité mensuelle de 22 000 panneaux de 1 300 × 1 500 mm. La commercialisation devrait intervenir en 2020. Mais la société a choisi de se concentrer sur les écrans de moyens formats (10 à 32 pouces de diagonale) pour des applications de niche dans l’automobile, le médical, l’avionique, les jeux vidéo ou les moniteurs professionnels. Pour les grands écrans de télévision, elle entend s’appuyer sur des partenaires. C’est l’objet de l’alliance avec COST.
Un marché porteur
Le choix de ce partenaire n’est pas fortuit. Cinquième fabricant mondial d’écrans LCD en 2019, COST devrait devenir deuxième en 2022 derrière son compatriote BOE selon le cabinet Display supply chain consultants (DSCC). Il fournit ses écrans notamment à TCL, numéro deux mondial de la télévision derrière Samsung mais devant LG avec 32 millions de poste écoulés en 2019 (en comptant les téléviseurs livrés à d’autres marques sur un modèle de sous-traitance).
TCL est aujourd’hui présent dans la télévision LCD à points quantiques, promue par Samsung sous l’appellation commerciale Qled, mais pas dans la télévision Oled, poussée par LG. Mais en tant qu’acteur majeur du marché, il ne pourra pas ignorer ce dernier segment porteur. Selon DSCC, les ventes de téléviseurs Oled devraient croître de 31 % en moyenne sur les six années à venir, grimpant de 3,4 millions d’unités en 2019 à 16,8 millions en 2025. En valeur, cela représenterait un pactole de plus de 16 milliards de dollars en 2025, contre un peu moins de 6 milliards de dollars en 2019.
Un positionnement stratégique
LG a beaucoup à perdre. Via LG Display, son bras armé dans les écrans plats, le groupe coréen s’impose aujourd’hui comme le seul producteur mondial d’écrans Oled de télévision. Il fournit ses écrans à une vingtaine de marques de télévision, dont LG, Sony, Panasonic, Philips, Sharp, Toshiba et Loewe. Il fait de cette activité un positionnement stratégique pour à la fois échapper à l’érosion des prix dans la télévision LCD et sortir de l’ombre de son grand frère ennemi Samsung, qui domine le marché de la télévision depuis 2006.



