"Alaïa collectionneur" au Palais Galliera, un voyage intime dans l’histoire de la mode

Le Palais Galliera, musée de la mode de la ville de Paris, consacre une exposition à quelques unes des 20 000 pièces collectionnées par le couturier Azzedine Alaïa. Un voyage somptueux, essentiellement dans la haute couture du vingtième siècle.

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trois robes noires collectionnées par Alaïa et exposées au Palais Galliera
Le couturier Azzeline Alaïa était aussi un collectionneur. Ici trois robes noires figurant parmi les pièces exposées au Palais Galliera.

D’Azzedine Alaïa, on croyait savoir l’essentiel. Figure centrale et discrète de la mode française, ses créations combinaient simplicité apparente et haute technicité. Ce que seuls quelques initiés savaient, c’est que le chouchou des rédactrices de mode des années 80 était aussi un véritable collectionneur de robes, écumant les salles des ventes pour acquérir des tenues signées par des prédécesseurs, connus ou oubliés, ou même des contemporains. Au total, ce serait 20 000 pièces qu’il a acquises et conservées et qui sont aujourd’hui «gérées» par une fondation. 

La haute couture, une affaire de femmes 

Le Palais Galliera consacre une exposition depuis la fin du mois de septembre à 160 de ses modèles, qui – on est obligé de le croire faute d’avoir vu le reste de la collection – montre l’étendue des collections rassemblées par Alaïa. C’est donc une visite de l’histoire de la mode occidentale depuis le début du vingtième siècle, même si quelques pièces de couturiers du dix-neuvième sont exposées, qui est proposée aux visiteurs. 

Le goût d’Alaïa est très chic. Le couturier décédé en 2017 aimait les formes sophistiquées et près du corps. Comme l’indiquent les explications très claires dispersées au cours de l’exposition, Alaïa aimait le noir et la technicité des vêtements. Nul doute que le créateur était un amateur de l’architecture du vêtement, qu’on a souvent loué dans son propre travail.  

Au fil de l’exposition, on remarque l’importance des femmes dans la mode, avec des modèles de créatrices pour certaines un peu oubliées. De l’iconique Chanel à Madeleine Vionnet, en passant par Schiaparelli, Jeanne Lanvin ou encore Madame Grès et Jeanne Paquin, on réalise à quel point la haute couture a aussi été une affaire de femmes. 

Redécouvertes de couturiers oubliés

L’exposition propose un parcours au travers des collections présentées essentiellement selon un ordre chronologique. C’est l’occasion de revoir des modèles signés Balenciaga ou Charles James, un couturier new yorkais peu connu de ce côté de l’Atlantique.

A l’issue de l’exposition, il faut traverser le beau jardin du Palais Galliera pour rejoindre le musée d’art moderne de la Ville de Paris. Si on a le courage d’affronter la foule venue voir la rétrospective Nicolas de Staël, on peut admirer dans les salles consacrées à la Danse de Matisse trois costumes créés par le peintre niçois pour un ballet intitulé Le chant du rossignol. Plus d’un siècle après, on est surpris par la simplicité et la modernité des trois pièces présentées.

Azzeline Alaïa couturier collectionneur, au Palais Galliera jusqu’au 21 janvier

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