Airbus Defence and Space (Airbus D&S), division du groupe Airbus, spécialisée dans les avions militaires, les drones, les missiles, les lanceurs spatiaux et satellites, prévoit de muscler ses moyens d’essais spatiaux à Toulouse (Haute-Garonne). Pas moins de 50 millions d’euros seront investis sur trois ans sur le site de l’Astrolabe, l'un des trois sites toulousains d'Airbus D&S, où sont regroupés des salles d’intégration et moyens d’essais spatiaux (essais mécaniques, acoustiques, vide thermique, radio-fréquences...). Ce programme porte principalement sur le renouvellement et l'extension des capacités d'essais thermiques du site toulousain.
Un nouveau caisson thermique de grande capacité
«L'objectif visé est une remise à niveau de nos moyens de tests, avec le remplacement d'un caisson thermique ancien, baptisé SIMLES, construit dans les années 70 et la mise en œuvre de moyens plus flexibles pour mener de front des campagnes de tests sur des satellites de dimensions très diverses», précise Alain Frizon, directeur des sites toulousains d'Airbus D&S.
Rappelons que ces caissons permettent de simuler les conditions thermiques subies par les engins spatiaux, avec des températures pouvant varier de -170° à +120°. Le projet prévoit la construction d’un nouveau bâtiment (AL 30) de quelque 4 800 m² (1 800 m² de salle blanche et 3 000 m² de locaux tertiaires), dans lequel sera installée une nouvelle cuve thermique de grande capacité. Cet équipement viendra doubler les capacités du grand caisson thermique SIMMER, mis en service en 1996. Cette opération à elle seule mobilise 40 millions d'euros d'investissement, dont 22 millions d’euros pour le volet immobilier et 18 millions d’euros pour les équipements. Le chantier devrait être engagé en juin 2023 pour une mise en service en 2025.
Une extension des salles blanches
Dès janvier 2023, un second bâtiment (AL72), de moindre dimension, va également être mis en chantier pour une mise en service en fin d'année 2023. Cette nouvelle extension va permettre de réinstaller une cuve de 72 m3, baptisée SIMDIA, actuellement utilisée pour de petits satellites, dont ceux de la constellation Pléiades Neo, et qui sera reconfigurée pour faciliter la conduite des campagnes de tests. « En parallèle, les surfaces occupées actuellement par cet instrument, ainsi que celles libérées par la cuve SIMLES, vont être réaménagées au sein des salles blanches existantes pour un redéploiement des surfaces d'intégration », précise Alain Frizon.
De quoi faire face sereinement aux campagnes de tests actuellement en cours, dont celle de Juice (Jupiter Icy Moons Explorer), engagée en avril 2022 et qui s'échelonnera sur près d'une année, ou à la montée en charge des premiers Eurostar Neo (nouvelle génération de satellites de télécommunications en orbite géostationnaire dont l'assemblage final et les tests seront effectués à Toulouse), des premiers OneSat (satellites flexibles à la conception digitalisée et standardisée) ou encore des CO3D, une constellation de quatre petits satellites pour l'observation de la Terre.
Airbus D&S La petite cuve thermique, SIMDIA, actuellement utilisée pour de petits satellites, dont ceux de la constellation Pléiades Neo, sera également déplacée et reconfigurée. © Airbus D&S
Airbus Defence and Space, qui a réalisé en 2021 un chiffre d'affaires de 10 milliard d'euros (stable par rapport à 2020), emploie globalement pas loin de 33 000 salariés dans le monde, dont quelque 4 400 sur l'agglomération toulousaine, répartis sur trois sites distincts : le Palays (3 300 salariés) l'Astrolabe (500 salariés) et le site du Canal (600 salariés).



