Sous une chaleur accablante, les plus hauts représentants du groupe danois Rockwool s’étaient donné rendez-vous, le mercredi 2 juillet 2025, au pied de l’usine de Saint-Éloy-les-Mines (Puy-de-Dôme). Avec une annonce d'envergure : un investissement de 100 millions d’euros dans une petite commune enclavée de 3500 habitants, au cœur de l’Auvergne.
«Après 45 ans d’activité ici, nous franchissons une étape décisive», se réjouit Lionel Gendreau, directeur du site. «En remplaçant nos équipements par des fours électriques, l’usine entame une mutation technologique profonde. C’est une première pour le groupe en France», souligne-t-il.
Cette évolution s’inscrit dans la stratégie globale de Rockwool, engagée à réduire d’un tiers ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2034. «Nos produits permettent déjà de réaliser d’importantes économies d’énergie. Mais nous voulons aller encore plus loin dans la réduction de notre propre empreinte carbone», souligne Rafael Rodriguez, président de Rockwool France et vice-président du groupe, venu spécialement pour l’occasion.
Une ligne électrique dédiée de 20 km pour alimenter le site
Pour permettre cette installation, une ligne électrique à haute tension de 20 kilomètres a été construite en partenariat avec RTE. Elle alimente désormais l’usine en électricité verte, en prévision du démarrage des futurs fours électriques d’ici à 2027. Un projet de longue haleine : «Cela fait cinq ans que nous travaillons tous ensemble sur ce dossier», confie Anthony Palermo, maire de Saint-Éloy-les-Mines. Une ville où Rockwool représente 600 emplois directs et 200 indirects. «Cet investissement est capital pour notre territoire. Il assure la pérennité du site», poursuit-il.
Actuellement, l’usine produit 220000 tonnes de laine de roche par an, mais a atteint sa capacité maximale. Et la demande ne cesse de croître. «Avec les objectifs de rénovation énergétique – 4,2 millions de logements sont considérés comme des passoires thermiques en France actuellement et 600000 sont à rénover par an – le marché explose. Mais nous ne pouvons pas produire davantage ici», explique Lionel Gendreau.
Une nouvelle usine à Soissons, en renfort
Comme le site de l'ancienne cité minière ne peut plus s’étendre, le groupe danois prévoit la construction d’une nouvelle usine à Soissons (Aisne), dont le projet est en cours de validation juridique. Celle-ci permettrait de produire plus de 100000 tonnes supplémentaires, chaque année.
«Ce ne sera pas une alternative à Saint-Éloy, mais un renfort indispensable pour répondre à la demande nationale», précise le dirigeant. «L’électrification n’est pas seulement un choix technologique, c’est un engagement sociétal. Nos solutions d’isolation sont indispensables dans un contexte de réchauffement climatique», conclut Rafael Rodriguez. La vague de chaleur qui touche actuellement la France en témoigne. L’augmentation des besoins en laine de roche devrait aller crescendo.



