À Rodez, l’usine Bosch peine à sortir du diesel

Engagé dans un processus de transition pour sortir du tout-diesel, le site aveyronnais de l’équipementier auto Bosch est confronté à une diversification plus complexe que prévu.

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L’effectif a été réduit de 500 postes et en perdra encore près de 240 d’ici à la fin 2025.

Inquiétude et déception du côté des salariés de l’usine Bosch de Rodez (Aveyron). L’érosion de l’effectif s’accélère et les pistes de diversification sont à la peine. Signé entre la direction et les représentants du personnel en décembre 2021, l’accord de transition promettait d’ouvrir la voie à une transformation radicale du site, avec une sortie progressive du tout-diesel. «Le volet industriel qui devait accompagner la réduction de l’effectif dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi n’est pas à la hauteur des engagements», résume Pascal Raffanel, le délégué syndical CFE-CGC et élu du comité social et économique.

Entre départs volontaires et dispositif de préretraite, les emplois sont passés de 1 250 à 750 en moins de dix-huit mois. L’accord prévoit de ramener le nombre de postes à 513 à la fin 2025. Une décision assortie d’un engagement de maintenir ce niveau jusqu’à la fin 2028 et de mettre en œuvre de nouvelles productions. Un premier axe de diversification a été engagé. Un nouvel atelier, baptisé Excellence usinage, a été installé dans l’espace libéré par l’arrêt, fin 2022, de la ligne d’injecteurs pour voitures diesel. Selon un porte-parole du groupe, «environ 11millions d’euros ont été investis depuis 2021, notamment dans l’acquisition d’outils industriels». Il s’agit de réinternaliser la production de composants, principalement des pièces mécaniques pour la motorisation diesel de poids lourds.

Projet laborieux

Seule une production de barres de torsion, engagée dès 2020, vise des marchés hors diesel. Ces activités occupent actuellement une soixantaine de salariés, 80 d’ici à la fin 2023. Une équipe d’une quinzaine de personnes est par ailleurs mobilisée au sein de Bosch Rodez Services pour proposer des prestations de développement de moyens de production à d’autres sites du groupe ou à des clients extérieurs.

Quant au principal axe de diversification envisagé, l’industrialisation d’une solution d’alimentation en énergie de remorques frigorifiques reposant sur l’hydrogène et la pile à combustible, il s’avère complexe et laborieux. «Le projet devait mobiliser 170personnes d’ici à 2025 et 230 à l’horizon de 2028. Les projections évoquent au mieux une soixantaine de postes à Rodez en 2028», s’inquiète Cédric Belledent, délégué syndical Sud. Inquiétudes justifiées. Lors d’une rencontre avec la direction du groupe le 21 juin, les représentants du personnel ont appris que le projet Hydrogène Fresh2 était suspendu jusqu’à nouvel ordre. Le groupe s’engage à maintenir les 500 emplois.

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