Reportage

A Montévrain, l'usine où BIC fabrique les stylos pour la rentrée

Le 31 août, le ministre délégué de l'Industrie, Roland Lescure, s'est rendu dans l'usine Bic de Montévrain (Seine-et-Marne), à l'occasion de la rentrée des classes. Reportage dans l'usine qui fabrique les célèbres Cristal et quatre couleurs.

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Roland Lescure BIC
L'usine BIC emploie 300 personnes à temps complet, plus une centaine d'intérimaires saisonniers une partie de l'année.

Une marque emblématique de la rentrée des classes. Pour sa visite de rentrée, le 31 août, le ministre délégué de l’Industrie Roland Lescure a choisi l’usine Bic de Montévrain (Seine-et-Marne). Ce site qui existe depuis 2000 fabrique 620 millions de stylos par an, dont les fameux Cristal et «quatre couleurs». «Nous faisons 60% de notre chiffre d’affaires entre le 15 août et le 8 septembre», annonce Henri Nicolau-Guillaumet, directeur général de BIC France et Benelux.

Maîtriser tous les composants

Sur un écran de présentation, un chiffre est affiché en grand : 1 produit d’écriture sur 2 vendu à la rentrée des classes est un Bic. Tous ces produits proviennent de cette usine. «Nous maîtrisons tous les maillons de la chaine», expose Fabrice Dieudonat, directeur de l’usine depuis quelques mois. De la métallurgie à l’injection plastique en passant par la production des encres, tout est fait ici.

Roland Lescure BIC
Roland Lescure BIC Roland Lescure BIC

Une ligne de production des stylos BIC. © Malik Habchi

«Nous utilisons des technologies qui proviennent du médical et de l’horlogerie, sauf que nous produisons en bien plus grande quantité, explique Mayeul Rochelet, responsable de production en salle de métallurgie, plongeant la main dans un bac plein de billes minuscules. La bille doit être sertie de manière à rester en place, mais doit pouvoir tourner.»

Des technologies développées sur place

Au milieu de l’atelier bruyant, Fabrice Dieudonat prend le micro pour déclarer fièrement que «tous les équipements que vous voyez ici sont des machines du commerce, sauf que nous les avons totalement démontées et transformées.» Photos interdites dans ce secteur de l’usine, où sont usinées billes et pointes des stylos. Plus loin, dans une petite salle à l’abri du bruit, les techniciens effectuent des tests d’écriture des stylos produits toutes les quatre heures.

BIC Roland Lescure
BIC Roland Lescure BIC Roland Lescure

Les machines dans l'usine BIC. © Malik Habchi

Comme pour toute pièce métallique, les billes et les pointes ont besoin d’être graissées, et dégraissées. Pour le process de dégraissage, le directeur de l’usine se vante d’avoir une machine «unique au monde». Cet outil gigantesque a été construit avec la start-up clermontoise Dense Fluid Degreasing, qui fournit des solutions de dégraissage utilisant le CO2, «sans utiliser d’eau».

«Nous avons besoin de bouteilles de CO2 fournies par Air Liquide pour démarrer la machine, mais elle fonctionne ensuite en circuit fermé, indique Dominique Rossignol, directeur général de Dense Fluid Degreasing. 90% du CO2 que nous utilisons est recyclé.» La machine fait partie des outils mobilisés par l’usine de Montévrain pour réduire ses émissions de CO2. Un autre levier est l’optimisation des corps des stylos et de leur packaging.

Le problème des matières premières

«Dans quelques mois, nous aurons un emballage en carton pour remplacer le plastique», déclare Mélanie Laget, responsable de l’injection et de l’assemblage de l’emblématique Cristal. «Nous réduisons aussi le poids des corps des stylos, abonde Fabrice Dieudonat. Depuis le premier Cristal, en 1950, son poids est passé de 3,5 grammes à 3,07. Ces quelques milligrammes peuvent paraître insignifiants, mais ils se traduisent en plusieurs centaines de tonnes dans toute notre production !»

Si l’usine a l’air de bien se porter – ayant même réussi à recruter 30 personnes l’année dernière – elle a néanmoins traversé, comme tant d'autres, des périodes difficiles. «Le prix de la matière première a doublé, et les variables sur lesquelles on a pu travailler sont limitées, déclare Fabrice Dieudonat à l’Usine Nouvelle. Le seul levier que nous avons pu mobiliser, c’est la productivité de nos salariés !». Le directeur se montre toutefois critique. «Les cours du pétrole ne justifient pas de tels prix sur les matières premières. De la part du gouvernement, nous attendons une volonté de changer les choses.» Un dossier qui pourra occuper le gouvernement, à la rentrée. 

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