Il y a huit ans, c’était encore un symbole de déclassement. Mardi 3 juin, Emmanuel Macron se rend dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Un territoire industriel historique délaissé, qui retrouve sa vitalité. Notamment grâce à l'arrivée de giga-usines de batteries électriques comme celle d'AESC Envision qui, quatre ans après son annonce lors du sommet Choose France, tourne enfin.
L’usine d'Envision est installée sur un ancien terrain de Renault. Elle doit être capable de produire de quoi équiper 200000 véhicules par an. Et ce n’est qu’un début. La Renault R5 électrique, produite tout près, à Douai (Nord), sera la première à en bénéficier. Résultat ? Une filière qui se structure, avec Envision, Verkor à Dunkerque, ACC à Douvrin… Même si la croissance des ventes de voitures électriques est bien plus lente que prévue, la vallée de la batterie prend forme.
Un test pour l'industrie française
C’est un rebond industriel pour un territoire longtemps oublié. Car au-delà de l’usine, c’est tout un territoire que l’État veut remettre en mouvement. Longtemps marqué par la désindustrialisation, le bassin minier avait vu ses indicateurs économiques et sociaux plonger : pauvreté, chômage, précarité énergétique…
Depuis 2017, 1,3 milliard d’euros ont été mobilisés par l’État sur l’ensemble de la zone. L’objectif ? Rénover, revitaliser, recréer de l’activité. Rien que sur la période 2022-2024, 2200 emplois industriels y ont été créés. L'usine d'Envision, à elle seule, vise 950 CDI d’ici à la fin de l’année. La dynamique est réelle. Sur place, une école de la batterie a même vu le jour.

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Ce déplacement présidentiel est tout sauf anodin. Il vient saluer un site industriel qui a tenu ses délais et ses promesses, notamment de recrutements. Dans un contexte où de nombreux projets de gigafactories prennent du retard, ou sont tout simplement annulés, c’est un signal fort.
Mais c’est aussi un test. Faire tourner une usine de batteries, monter en cadence, assurer la compétitivité face aux géants asiatiques : tout cela prendra du temps. Pour que la vallée de la batterie devienne une véritable Silicon Valley industrielle, il faudra tenir dans la durée.



