Chronique

A Douai, l’usine AESC Envision électrise le renouveau industriel du bassin minier

Histoires économiques, la chronique du directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle Emmanuel Duteil, avec France Inter. 

Réservé aux abonnés
Usine AESC Envision Douai 2024
Usine AESC Envision Douai 2024

Il y a huit ans, c’était encore un symbole de déclassement. Mardi 3 juin, Emmanuel Macron se rend dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais. Un territoire industriel historique délaissé, qui retrouve sa vitalité. Notamment grâce à l'arrivée de giga-usines de batteries électriques comme celle d'AESC Envision qui, quatre ans après son annonce lors du sommet Choose France, tourne enfin.

L’usine d'Envision est installée sur un ancien terrain de Renault. Elle doit être capable de produire de quoi équiper 200000 véhicules par an. Et ce n’est qu’un début. La Renault R5 électrique, produite tout près, à Douai (Nord), sera la première à en bénéficier. Résultat ? Une filière qui se structure, avec Envision, Verkor à Dunkerque, ACC à Douvrin… Même si la croissance des ventes de voitures électriques est bien plus lente que prévue, la vallée de la batterie prend forme.

Un test pour l'industrie française

C’est un rebond industriel pour un territoire longtemps oublié. Car au-delà de l’usine, c’est tout un territoire que l’État veut remettre en mouvement. Longtemps marqué par la désindustrialisation, le bassin minier avait vu ses indicateurs économiques et sociaux plonger : pauvreté, chômage, précarité énergétique…

Depuis 2017, 1,3 milliard d’euros ont été mobilisés par l’État sur l’ensemble de la zone. L’objectif ? Rénover, revitaliser, recréer de l’activité. Rien que sur la période 2022-2024, 2200 emplois industriels y ont été créés. L'usine d'Envision, à elle seule, vise 950 CDI d’ici à la fin de l’année. La dynamique est réelle. Sur place, une école de la batterie a même vu le jour.

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Ce déplacement présidentiel est tout sauf anodin. Il vient saluer un site industriel qui a tenu ses délais et ses promesses, notamment de recrutements. Dans un contexte où de nombreux projets de gigafactories prennent du retard, ou sont tout simplement annulés, c’est un signal fort.

Mais c’est aussi un test. Faire tourner une usine de batteries, monter en cadence, assurer la compétitivité face aux géants asiatiques : tout cela prendra du temps. Pour que la vallée de la batterie devienne une véritable Silicon Valley industrielle, il faudra tenir dans la durée. 

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs