Dans sa croisade contre l’équipementier chinois Huawei, Donald Trump vient d’essuyer deux camouflets. À commencer par celui de son ami Boris Johnson.
Le Premier ministre britannique a tranché, mais pas dans le sens souhaité par le président américain. Huawei aura droit de cité dans la 5G au Royaume-Uni, hors zones sensibles comme le cœur des réseaux, les sites militaires et les centrales nucléaires. "Nos citoyens britanniques ont le droit d’accéder aux meilleures technologies mobiles", justifie le locataire du 10 Downing Street, qui a téléphoné à Donald Trump pour lui expliquer sa décision. Le lendemain, la Commission européenne a pris une position similaire avec la mise à disposition d’une "boîte à outils" destinée à atténuer les risques liés au déploiement de la 5G. Là encore, pas d’interdiction de Huawei, mais juste une recommandation d’en limiter l’implication, voire de l’exclure des parties critiques des réseaux. "Nous n’interdisons personne, souligne Thierry Breton, le nouveau commissaire au marché intérieur chargé du dossier. Nous restons ouverts à tous. Mais nous avons des règles exigeantes que tout le monde doit respecter." Depuis un an, les États-Unis mènent une intense campagne auprès de leurs alliés pour l’interdiction totale des équipementiers télécoms chinois. Ils n’hésitent pas à brandir la menace de représailles (comme l’arrêt d’échange d’information de renseignement) s’ils n’obtiennent pas satisfaction. À ce jour, seules l’Australie et la Nouvelle-Zélande se sont alignées sur Washington. Quant au Japon, il s’est contenté de faire semblant d’obtempérer, misant, comme d’habitude, sur ses propres équipementiers télécoms NEC, Fujitsu et OKI. Les États-Unis semblent en voie de perdre leur croisade contre Huawei et l’une des manches de leur guerre technologique contre la Chine.



