Huawei promet d'implanter plusieurs "unités de production" en Europe

Dans un discours à Bruxelles le 4 février, le patron de Huawei Europe a annoncé l'installation future de nouvelles "unités de production" sur le sol européen. Quelques jours après la publication des directives de l'UE pour le déploiement de la 5G, le géant chinois veut faire du vieux continent son premier partenaire hors de son pays d'origine.

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Huawei 04/02 Bruxelles Nouvel an Chinois
De gauche à droite, la journaliste Luisa Baldini, le patron de Huawei Europe Abraham Liu et l'ancienne députée européenne Viviane Reding, le 4 février à Bruxelles.

Blacklisté aux États-Unis, Huawei a décidé, pour l’implantation de sa 5G en Occident, de tout miser sur l’Europe. Le vice-président du groupe pour le vieux continent a annoncé le 4 février, lors d’une réception à Bruxelles pour le nouvel an chinois, l’installation prochaine de nouvelles "unités de production" sur le sol européen.

"Huawei s’engage plus que jamais pour l’Europe", a également déclaré Abraham Liu, réaffirmant la présence du géant des télécoms chinois sur le continent pour les vingt prochaines années. L’objectif étant d’avoir "de la véritable 5G pour l’Europe, produite en Europe". "Nous pensons que nous pouvons nous associer à l'Europe […] pour l'aider à devenir le leader mondial du numérique", a-t-il ajouté.

Une réponse aux nouvelles directives européennes

Ce discours semble marquer le démarrage d’une opération séduction du chinois envers l’Union Européenne, quelques jours après que cette dernière ait publié ses directives concernant le déploiement de la future 5G. Sans explicitement nommer Huawei, elle autorise ses États membres, mais ne les oblige pas, à exclure les équipementiers qu’ils jugeraient à "haut risque".

"Les entreprises doivent être traitées de manière juste et équitable. Un marché concurrentiel profite à tous", ajoute Abraham Liu. "Les récentes décisions du gouvernement britannique et de l'UE, qui permettent à Huawei de continuer à jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G, vont dans ce sens".

Dans un monde de la cybersécurité "de plus en plus mêlé aux questions géopolitiques, aux négociations commerciales et au dialogue diplomatique entre les nations", "une suspicion motivée par des raisons politiques ne permet pas de relever les défis à venir", estime Abraham Liu. "Je souhaite que les trois principaux acteurs du cyberespace - l'Europe, les États-Unis et la Chine - s'investissent davantage dans le débat politique, pour parler de collaboration et de règles communes", ajoute-t-il.

La France convoitée

Selon les informations du magazine Challenges, Huawei ferait de l’œil à de nombreux centres de recherches et entreprises françaises à coup de millions d’euros. Le groupe, qui emploie dans l’Hexagone un millier de personnes sur cinq sites différents à Boulogne-Billancourt (qui en possède deux), Paris, Sophia-Antipolis et Grenoble, s’intéresserait particulièrement au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), concepteur du parc nucléaire français. Les deux entités auraient signé en 2017 deux contrats dans le domaine de l'économie d'énergie pour un montant total de trois millions d'euros, et un autre fin 2018, dans le plus grand des secrets, concernant les capteurs pour smartphones. Mais tous les français ne tombent pas dans les bras du Chinois. Le 31 janvier, Orange a annoncé préférer Nokia et Ericsson pour l’installation de son futur réseau 5G.

Huawei s’est implanté en Europe en 2000, avec son tout premier centre de recherche de Stockholm. Depuis, le groupe a ouvert 23 sites ainsi que deux centres régionaux, et emploie désormais plus de 13 300 personnes dans douze pays de l’UE.

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