Wormsensing dévoile une version de son capteur de vibration adaptée à l’industrie

Organisé du 11 au 14 mars à Lyon, le salon Global Industrie doit récompenser huit innovations technologiques dédiées au manufacturing. Parmi elles, la nouvelle version du capteur de vibration de la start-up Wormsensing, déjà testé par une dizaine d’industriels pour la surveillance des machines.

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Wormsensing capteur pour l'industrie
A droite et à gauche, le capteur Dragonfly développé initialement et destiné aux laboratoires de recherche et métrologie. Au centre la version adaptée pour l'industrie.

Wormsensing part à la conquête des usines. La start-up, fondée en 2020 au Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), doit présenter au salon Global Industrie une nouvelle version de son capteur piézoélectrique Dragonfly, adapté au milieu de la production – alors qu’il était jusque-là destiné aux essais en laboratoires de recherche et de métrologie. Elle recevra à cette occasion l’un des huit prix d’innovation décernés par les organisateurs de l’événement, qui se tient du 11 au 14 mars à Lyon.

«On savait dès notre lancement qu’il y avait des besoins dans l’industrie pour des capteurs de vibration et de déformation plus précis que ceux existants, retrace Jean-Sébastien Moulet, cofondateur de Wormsensing. Quand on s’est rapproché de la société IFM, spécialisée dans les solutions pour l’industrie 4.0, ils ont compris l’intérêt de notre produit mais nous ont demandé de l’adapter au milieu industriel, en le rendant plus robuste.»

Suivre de près l’état de santé d’une machine

Cette nouvelle version a représenté six à neuf mois de développement, mais aussi exigé une adaptation de la ligne de production, inaugurée en janvier 2024 à Grenoble (Isère), pour une commercialisation débutée en décembre 2024. «On a retravaillé le design et le packaging du capteurpour qu’il résiste à des environnements humides ou poussiéreux, ainsi qu’à des projections métalliques ou d’huiles..., décrit Jean-Sébastien Moulet. Cela se traduit par un nouveau revêtement, un boîtier de protection plus robuste et étanche, et le passage à la connectique M12, la référence dans l’industrie.»

L’intérêt du capteur pour les industriels ? «Il mesure les vibrations et déformations avec une sensibilité mille fois supérieure à la concurrence, assure le cofondateur. Les accéléromètres généralement utilisés pour la surveillance des machines restent très macro dans le diagnostic. Notre capteur va plus loin en détectant et discriminant précisément tous les phénomènes mécaniques qui permettent de suivre de près l’évolution d’une machine, de son état de santé et du procédé mis en oeuvre. Cela permet de faire enfin de la maintenance prédictive et du contrôle process.»

Vers un contrôle qualité anticipé

Wormsensing travaille aujourd’hui sur cinq applications différentes de son capteur, testé par une dizaine d’industriels. «Ils ont équipé plusieurs de leurs machines pour évaluer l’intérêt des données et décider s’ils déploient sur leur parc entier», rapporte Jean-Sébastien Moulet. L’un deux est un industriel qui perce du titane. «Aujourd’hui, il définit le moment où il change son outil en fonction des statistiques d’usure. Grâce à notre capteur, il arrive à suivre l’évolution réelle de son outil, et peut donc le changer plus tôt ou le conserver plus longtemps selon les besoins.»

Lors de la phase de test, Wormsensing apporte ses compétences en analyse vibratoire pour aider l’industriel à comprendre les signaux relevés par le capteur. L’enjeu est de définir la bonne métrique à suivre, avec le bon seuil d’alerte. La partie logicielle peut être celle de l’industriel, sinon elle est fournie par le partenaire IFM. Wormsensing vise surtout les grands groupes de l’aéronautique et du spatial, de l’auto, de l’agroalimentaire et de l’industrie de précision.

Au-delà de la surveillance des parcs machines, la start-up fait valoir l’intérêt de son produit pour le contrôle qualité des pièces. «Notre capteur a un accès très fin au comportement de la machine, donc on sait comment elle a fonctionné lors de la fabrication : est-ce qu’il y a eu plus ou moins d’efforts, de vibration, de déformation, ... décrit Jean-Sébastien Moulet. Dès lors qu’on sait comment la machine a fabriqué la pièce, on sait si celle-ci va être bonne ou pas.» Autant d’arguments que la start-up compte faire valoir, avec l’objectif de voir son capteur déployé sur de premiers parcs machines complets en 2025.

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