Alors que Volkswagen a annoncé début septembre un plan de restructuration drastique qui pourrait inclure la fermeture de trois usines en Allemagne et des dizaines de milliers de suppressions d'emploi, la publication de ses résultats trimestriels ce mercredi 31 octobre étaient forcément très attendus. Ils confirment l’ampleur de la crise qui touche le fleuron de Wolfsburg.
Au cours des neuf premiers mois de cette année, le premier groupe automobile européen a enregistré une chute de 30,7% de son bénéfice net, qui passe de 12,9 milliards d’euros sur 2023 à 8,9 milliards d’euros sur 2024. Son résultat opérationnel est en baisse de 20,5% (16,2 milliards d’euros en 2023 contre 12,9 milliards d’euros en 2024), de même que sa trésorerie qui passe de 4,9 milliards d’euros en 2023 à 3,27 milliards d’euros en 2024 (-33%). Seul le chiffre d’affaires connaît un léger mieux, de 1%, pour s’élever à 237 milliards d’euros sur les neuf mois de 2024.
Si l’on compare les chiffres pour le seul troisième trimestre, ils sont encore plus inquiétants : le bénéfice net dévisse de 63,7%, de 4,3 milliards d’euros en 2023 à 1,58 milliard d’euros. Même tendance pour le résultat opérationnel qui se monte à 2,85 milliards d’euros, contre 4,9 milliards d’euros au T3 de 2024, soit une dépréciation de 41,7%. «Nos résultats sur neuf mois reflètent un environnement de marché difficile», a indiqué Arno Antlitz, son directeur financier, lors de la présentation mercredi 30 octobre.
La fermeture de l'usine Audi de Bruxelles programmée
Selon lui, la baisse du bénéfice sur les neufs mois de l’année s’explique en effet par un recul de 4% des ventes de véhicules en volume. La croissance en Amérique du Nord (+4%) et du sud (+16%) n’a pas réussi à compenser le recul des ventes en Europe de l’Ouest (-1%) et surtout en Chine (-12%) où Volkswagen réalise un tiers de son activité. Les ventes de ses modèles électriques se sont aussi réduites de 10% au troisième trimestre.

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Enfin, le groupe dit subir l'impact de la hausse des coûts fixes et des «charges de restructurations», à hauteur de 2,2 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de l'année. Elles comprennent notamment le coût de la fermeture de l’usine Audi de Bruxelles (Belgique) programmée pour janvier 2025. Enfin, ses marques Premium de sport Porsche et Audi, en berne, ne permettent plus de rattraper les mauvaises performances des autres.
Vers «un hiver chaud» avec les syndicats
Tandis que VW est en plein bras de fer avec le syndicat ouvrier IG Metall, qui lui a promis «un hiver chaud», et que de nouvelles négociations salariales se déroulent en ce moment même, ces mauvais résultats lui servent également d’arguments pour étayer la poursuite de son plan social.
«La seule marque Volkswagen a réalisé en neuf mois seulement 2% de marge opérationnelle. Cela montre le besoin urgent de réductions de coûts significatives et d'améliorations de l'efficacité et l'importance de mettre en œuvre nos programmes de performance lancés à l'échelle du groupe», a poursuivi Arno Antlitz. VW doit donc économiser durablement dix milliards d'euros d'ici à 2026 pour atteindre un rendement de 6,5%. Outre une possible fermeture d’usines, le programme d’austérité prévoirait la réduction de 10% de tous les salaires et leur gel en 2025 et 2026, selon la présidente du comité d'entreprise, Daniela Cavallo.
Pour autant, sur toute l’année 2024, le groupe continue de tabler sur un volume de livraisons autour de 9 millions de véhicules (contre 9,24 millions en 2023). Avec un chiffre d'affaires attendu à environ 320 milliards d'euros, il espère limiter la casse avec une diminution de 2,3 milliards d'euros et un résultat opérationnel à 18 milliards d'euros, correspondant à une marge opérationnelle d'environ 5,6%.



