Couverte d’algues et de coquillages, la structure blanche reste reconnaissable et le logo de Microsoft visible. Comme prévu, elle a passé près de deux ans arrimée par 35 mètres de fond, sur le sol marin de l’archipel des Orcades, au Nord de l’Ecosse, avant d’être retirée au début de l’été, a annoncé Microsoft le 14 septembre 2020. Immergée à l’été 2018 et construite par le groupe français Naval Group, cet étrange édifice, baptisé Natick, était en fait un centre de données expérimental, accueillant des rangées de serveurs refroidis par l’eau de mer environnante.
8 fois plus fiable que les centres de données sur terre
D’après Microsoft, c’est un pari réussi. Après deux mois d’études du centre de données et de ses équipements, le géant informatique s’est permis d’annoncer un succès et d’écrire que “les centres de données sous-marins sont fiables, pratiques, et utilisent l’énergie de manière soutenable”.
Sans détailler les chiffres, la géant numérique a aussi affirmé que les 864 serveurs encalminés sous la mer s’étaient révélés 8 fois plus fiables que les centres de données sur terre. Une performance qui pourrait s’expliquer par l’atmosphère d’azote injectée dans le centre de données, un gaz moins corrosif que l’oxygène, mais aussi par l’absence de personnes qui d’habitude, bousculent et se cognent dans les serveurs…
Solution de rêve pour le edge et les réseaux renouvelables ?
Si Microsoft ne détaille pas encore les performances de consommation énergétique de Natick, Spencer Fowers, en charge du projet, a assuré dans un post de blog que Natick “a été capable de fonctionner très bien à partir de ce que la majorité des centres de données sur terre considèrent comme un réseau électrique non fiable”. Rappelant que 100% de l’électricité de l’archipel des Orcades provient de sources renouvelables.
De bons résultats qui, selon Microsoft, pourraient présager le futur de certains centres de données de taille intermédiaire, localisés en edge, au plus près de leurs utilisateurs finaux. Une solution idéale, alors que 50% de la population mondiale vit près des côtes, rappelle le géant numérique. Avant une mise à l’échelle industrielle, les inconnues du coût de ce type d’infrastructure, de leurs effets écologiques sur les sols marins, et de impact sur la consommation globale du numérique restent encore à éclaircir.



