Le Covid-19 n’est pas le bienvenu à bord des avions. Et pour s’assurer que le coronavirus ne joue pas au passager clandestin, Boeing compte proposer aux compagnies aériennes une solution basée sur le rayonnement ultra-violet (UV) d’ici la fin de l’année.
Dévoilée par l’avionneur américain mercredi 26 août, cette solution portative, encore en phase de test, assurerait la destruction de 99,9% des virus et des bactéries présents à bord. De quoi également, espère Boeing, inciter les passagers à remonter à bord des milieux confinés que sont les avions alors que le trafic aérien mondial reste à un niveau historiquement bas.
"Nous testons ce produit avec une dizaine de compagnies aériennes, en particulier Etihad et ANA, pour comprendre leurs besoins et pour savoir quelles sont les difficultés qu’il reste à résoudre", a expliqué Kevin Callahan, ingénieur Développement produits chez Boeing. L’équipement mis au point par Boeing, de la taille d’un bagage cabine, permet entre deux vols de désinfecter toutes les parties de l’avion (cockpit, cabine, toilettes et galleys) en passant un système porté à la main à quelques centimètres de distance des surfaces.
Boeing 2020 Copyright - Photos by Paul Weatherman Alors que le prix de vente du système mis au point par Boeing n’a pas été communiqué, ses concepteurs cherchent à s’associer avec un partenaire industriel dans les prochaines semaines pour en assurer la production et accélérer sa commercialisation. "Nous souhaitons pouvoir le mettre sur le marché dans le courant du quatrième trimestre de cette année", a précisé Kevin Callahan. Et l’expert d’assurer : le dispositif aurait plusieurs années de durée de vie.

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Les UV-C passent à l'action
Cette douchette anti Covid-19 pourrait séduire nombre de compagnies aériennes alors que l’utilisation de produits chimiques et autres sprays n’est pas adaptée à toutes les parties de l’avion. C’est le cas du cockpit, avec ses innombrables composants électroniques : avec le système de Boeing, comptez environ 15 minutes pour le nettoyer de fond en comble. Pour le nettoyage intégral de l’appareil, plusieurs opérateurs pourraient donc être nécessaires.
Les experts de Boeing soulignent que ce système UV se veut complémentaire des méthodes déjà employées par les compagnies aériennes, dans la mesure où les produits standards ont également un rôle nettoyant plus large. Si l’efficacité des UV pour détruire l’ADN et l’ARN des agents pathogènes est connue depuis de nombreuses années, Boeing s’est donc efforcé d’en adapter l’usage dans l’espace contraint que constitue un avion.
L’enjeu : limiter au maximum l’encombrement du système et s’assurer de l’absence de nocivité pour l’opérateur qui le tient en main. Dans le détail, l’appareil ne met pas en œuvre des UV-A et B, mais des UV-C, dits lointains, ayant une longueur d’onde de 222 nanomètres. L’avionneur s’est rapproché de l’Université d’Arizona pour tester l’efficacité de ces UV, en propageant dans un avion puis en le neutralisant un virus inoffensif pour l’homme, dénommé MS2.
La concurrence point à l'horizon
Boeing avait développé dès 2016 un système de toilettes autonettoyantes équipées notamment d’une lumière UV. Un système déployé ensuite en 2019 à bord d’un ecoDemonstrator, l’appareil servant de laboratoire volant à l’industriel américain. C’est dans le cadre de ce même programme d’innovation, mais au sein d’un autre appareil d’essai, que Boeing est en train de tester durant le mois d’août son nouveau système portatif.
La volonté de Boeing de s’associer avec un partenaire industriel pourrait permettre d’assurer la pérennité de ce nouveau produit tandis que d’autres initiatives de même nature émergent. C’est le cas en particulier de l’équipementier Honeywell qui a annoncé le 10 juin dernier un partenariat avec un spécialiste américain de la désinfection, Dimer.
L’offre commerciale, qui intéresse déjà JetBlue et Alaska Airlines, est déjà lancée : avec GermFalcon, sorte de chariot sur roulettes muni de bras articulés d’où est émis le rayonnement UV, les deux industriels promettent la désinfection d’une cabine complète d’avion en dix minutes, et ce pour moins de 10 dollars (moins de 9 euros). De son côté, United Airlines développe son système UV anti Covid-19 avec le centre médical universitaire de Cleveland (Ohio). Une nouvelle concurrence qui confirme ce que l’on savait déjà : la crise liée au Covid-19 sera l’occasion d’un grand ménage dans l’aviation.



