La réduction de voilure sera plus forte que prévu. Alors que le trafic aérien ne devrait pas revenir au niveau d’avant crise avant 2024 et que la remise en service du 737 MAX se fait toujours attendre, Boeing va procéder à de nouvelles suppressions de postes. L’avionneur américain se prépare à lancer une deuxième de vague de départs volontaires visant à aller au-delà de l’objectif initial annoncé en avril dernier d’une réduction des effectifs de 10% à l’échelle du groupe, a fait savoir l’agence de presse Bloomberg, mardi 18 août. Une issue déjà évoquée fin juillet lors de la présentation des résultats trimestriels.
Ces "départs volontaires" concernent la division aviation commerciale, les services et les opérations au niveau du groupe, comme l’a rappelé dans une vidéo à l’adresse de ses employés David Calhoun, le PDG de Boeing. Autrement dit les activités les plus touchées par la chute brutale du trafic aérien dans le monde en raison de la pandémie de coronavirus, ayant entraîné une réduction vertigineuse de la production d’avions. Aux 19 000 postes supprimés par Boeing vont donc s’ajouter de nouveaux départs. Les détails de cette deuxième vague devraient être dévoilés lundi 24 août.
Encéphalogramme plat dans le civil
Il faut dire que Boeing connaît une baisse de régime historique dans l'aviation commerciale. Au mois de juillet, l'avionneur n'a livré que... quatre avions: deux 787 Dreamliner et deux avions de fret. A titre de comparaison, en 2017, l'avionneur avait livré 75 appareils ce même mois. En outre, Boeing a encaissé 43 nouvelles annulations de commandes pour son 737 MAX, impliqué dans deux crashs, portant à plus de 400 le nombre d'annulations cette année. Qui plus est, Boeing a annoncé fin juillet l'arrêt de la production du mythique 747 en 2022.

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Si le civil est à la peine, la défense se porte comme un charme chez Boeing. Le géant américain a engrangé les dollars grâce à une série de contrats militaires remportés ces dernières semaines, tel que les huit avions de combat F15 EX pour l’US Air Force. De quoi entériner les quelque 3 000 embauches prévues dans les activités militaires et spatiales du groupe, conduisant l’avionneur à un solde de 16 000 suppressions de postes. Un bilan qui devrait toutefois s’alourdir dans les prochaines semaines.
De l'intérêt de la dualité
Les derniers résultats publiés par Boeing soulignent bien les différences de dynamiques suivant les activités. La branche commerciale enregistre au deuxième trimestre 2020 une chute de 65% de son chiffre d’affaires, à 1,6 milliard de dollars, et une perte de 2,8 milliards de dollars. De leurs côtés, la branche dédiée aux services connaît une baisse de son chiffre d’affaires de 23%, à 3,5 milliards de dollars, et celle concernant la défense et le spatial peut s’enorgueillir d’un chiffre d’affaires stable, à 6,6 milliards de dollars, et d’un bénéfice de 600 millions de dollars. Cette dernière, directement soutenue par les contrats du Pentagone, aura servi d’amortisseur : l’avionneur a connu un recul de son chiffre d’affaires global de "seulement" 25% au deuxième trimestre, atteignant 11,8 milliards de dollars.
Le poids des activités militaires et spatiales, représentant entre un quart et un tiers du chiffre d’affaires de Boeing, permet au groupe de trouver un peu d’oxygène, comme c’est le cas également pour Dassault Aviation. Un modèle qui doit faire des envieux chez Airbus, où la défense et le spatial ne représentent que 15% du chiffre d’affaires : alors que l’avionneur européen prévoit de supprimer 15 000 postes dans le monde, les contrats militaires ne viennent pas contrebalancer la fragilité actuelle de l’aviation civile. Pour le moment.



