C'est la fin d'un long suspense. Fondée en juillet 2020, la start-up Verkor avait immédiatement annoncé vouloir bâtir une méga-usine de batteries destinées à équiper les voitures électriques, suscitant l'intérêt de nombreuses régions. Après qu'une quarantaine de sites ont été étudiés, en France mais aussi en Espagne ou en Italie, les Hauts-de-France ont une fois de plus remporté la mise. La jeune pousse basée à Grenoble (Isère), qui compte parmi ses soutiens Renault, Schneider Electric, Capgemini ou Arkema, a indiqué mardi 1er février avoir sélectionné Dunkerque (Nord) pour concrétiser son projet.
2,5 milliards d'euros
« Le site répond à toutes les exigences d'une gigafactory en termes de terrain, de logistique, de capacité énergétique, de proximité des clients, d'accès à une main-d'œuvre qualifiée et d'expansion », explique Verkor dans un communiqué, tout en précisant que la première phase du projet permettra de créer jusqu'à 1 200 emplois directs et 3 000 emplois indirects. Selon la région Hauts-de-France, l'installation pourrait même générer un total de 2 000 emplois directs et 5 000 emplois indirects « à l'horizon 2028-2030 », pour un investissement total de 2,5 milliards d'euros.
La construction de cette gigafactory, qui s'étendra sur une surface de 150 hectares, devrait commencer en 2023, pour une première livraison prévue en juillet 2025. A cette date, la capacité de production devrait atteindre 16 GWh puis arriver à 50 GWh en 2030, de quoi équiper plusieurs centaines de milliers de véhicules chaque année. La start-up, qui indique vouloir développer des batteries « à faible teneur en carbone et à haute performance », devrait notamment fournir les Renault Alpine électriques, qui seront produites à Dieppe (Seine-Maritime). Une proximité qui n'a sûrement rien d'un hasard : le constructeur détient 20% du capital de Verkor et a déjà choisi les Hauts-de-France pour faire émerger son pôle « Electricity ».
Une «vallée de la batterie»
La région s'impose ainsi comme le centre névralgique de la filière. Deux autres projets français de méga-usine de batteries y verront bientôt le jour. Le premier doit lui aussi servir en priorité les intérêts de Renault, puisqu'il fabriquera entre autres les batteries qu'intégreront ses R5 électriques et sera implanté à Douai (Nord), là où la marque au Losange déploie son pôle ElectriCity. La gigafactory sera construite par AESC, une filiale du groupe chinois Envision détenue à 20% par Nissan, partenaire historique de... Renault. Le second projet est prévu à Douvrin (Nord), dans la ville où sont fabriqués les moteurs de Stellantis. Cette méga-usine sera bâtie par ACC (Automotive Cell Company), la coentreprise fondée par PSA et TotalEnergies (via sa filiale Saft) puis rejointe par Mercedes.
Dans une interview accordée à La Voix du Nord, le président Emmanuel Macron s'est montré très enthousiaste quant à cette nouvelle. L'implantation de Verkor « permet de faire des Hauts-de-France la vallée de la batterie, un segment essentiel pour produire sur notre sol les voitures électriques de demain », a-t-il assuré. Alors que la transformation écologique de l'automobile avance à grands pas, ce secteur apparaît comme particulièrement stratégique. Afin d'éviter de se faire distancer par la Chine, l'Europe multiplie les investissements dans le but de dépasser les 25% de la production mondiale de batteries à l'horizon 2030, contre 3% en 2020.


![[Made in France] Renault s'associe au français Verkor dans son projet d'usine de batteries](https://infopro-usinenouvelle-sandbox.web.arc-cdn.net/resizer/v2/U5T723LZXNPB5MD5Y3GWQ5QT3Q.jpg?smart=true&auth=0b351d2ca9fdffcfac0bfe411c7301b0fab5fa766a0d427c1e69f377f2e1b047&width=380&height=253)



