Thales va piloter un consortium dédié à la cryptographie post-quantique

Thales et les cinq autres membres du consortium qu’il a lancé vendredi 15 mars se donnent trois ans pour concevoir une solution de chiffrement post-quantique pour contrer les futures attaques menées par les ordinateurs quantiques. Baptisée Resque et financée par le gouvernement, l’Union européenne et Bpifrance, l’alliance rassemble des PME, une start-up, mais aussi l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information et l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique.

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Ordinateur quantique IBM Q
La puissance de calcul des ordinateurs quantiques pourrait à l'avenir mettre à mal la souveraineté des pays.

Dans le domaine de la cybersécurité, Thales veut renforcer sa position d’acteur mondial. Le groupe d’électronique tricolore a annoncé vendredi 15 mars la création d’un consortium ayant pour but la mise au point d’une solution de chiffrement post-quantique «pour protéger les communications, infrastructures et réseaux des collectivités locales et des entreprises contre les futures attaques orchestrées par un ordinateur quantique».

L’alliance industrielle dénommée Resque et pilotée par Thales rassemble les PME TheGreenBow et CryptoExperts, respectivement spécialistes des communications sécurisées et de la cryptographie. Elle regroupe également la start-up fondée en 2019 CryptoNext Security, et deux acteurs publics : l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information et l'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique. Le consortium se donne trois années pour développer sa technologie cruciale pour protéger les données sensibles. La puissance de calcul des ordinateurs quantiques devrait en effet casser les algorithmes de chiffrement existants et ainsi mettre à mal la souveraineté des pays à l'avenir.

Un soutien de 6 millions d’euros de Bpifrance

Outre le financement du gouvernement dans le cadre de France 2030 et de l’Union européenne via le plan NextGenerationEU, le projet bénéficie de 6 millions d’euros apportés par Bpifrance pour l’étude d’un VPN (réseau privé virtuel) post-quantique hybride, dont se chargera entre autres TheGreenBow, et d’un HSM (module de sécurité matériel) post-quantique haute performance. Le premier doit permettre un «accès simple, sécurisé et résistant aux différents systèmes d’information des utilisateurs», tandis que, selon Thales, le second sécurisera le tout et pourra être «embarqué sur d’autres produits».

En novembre 2022, Emmanuel Macron avait annoncé sur X (ex-Twitter) que la France avait transmis son premier télégramme diplomatique en cryptographie post-quantique entre l'ambassade de France aux États-Unis et Paris. Une démonstration réussie alors que 150 millions d'euros sont prévus pour le développement de la cryptographie post-quantique dans le cadre du plan quantique lancé en 2021.

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