Enquête

[Textile made in France] Comment le textile tire profit de l'intelligence artificielle

Le textile français mise sur l'intelligence artificielle pour optimiser la production, la verdir et l’adapter aux demandes du consommateur.

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Dans les Hauts-de-France, le tisseur de lin Lemaitre Demeestere collabore avec la pépite bruxelloise Verteego pour rapprocher sa production des envies du consommateur.

Ouvrir une usine de baskets au cœur de l’Ardèche? C’est le pari audacieux de Chamatex. Pour que sa production soit compétitive, la PME recourt aux technologies de l’industrie 4.0, collecte et traitement des données en tête, en travaillant avec Siemens et la pépite de l’IA Braincube. Les lignes qu’ils développent seront robotisées et connectées, pour produire des petites séries adaptables aux envies des consommateurs.

Comme toute l’industrie tricolore, le secteur textile regarde de près comment la fabrication automatisée et intelligente peut permettre de produire en France. Mais son intérêt pour l’intelligence artificielle va au-delà. « À notre lancement, notre priorité a été le design ; aujourd’hui, c’est l’IA », souligne Stanislas Vandier, le coordinateur du réseau R3iLab, porté par l’Institut français de la mode pour accompagner les entreprises françaises du textile dans leur quête d’innovation. « Nous avons identifié trois cas d’usage pour la filière : l’industrie 4.0, le rapprochement de l’industriel avec le consommateur, l’anticipation des cours des matières premières. »

En 2020, R3iLab a lancé avec Cap Digital, pôle de la transformation numérique, le projet Texia, qui relie cinq PME textiles à autant de start-up autour de projets d’innovation fondés sur l’IA. La société de tissage Garnier-Thiebaut, née en 1833 à Gérardmer (Vosges), travaille ainsi avec Braincube pour optimiser la productivité des machines. « En installant des capteurs sur toutes ses machines, Garnier-Thiebaut a pu voir en temps réel la production et mieux comprendre les pannes et les baisses de régime, rapporte Stanislas Vandier. Ces éléments sont désormais objectivés et partagés pour être corrigés. »

Personnalisation accrue

La production à la demande est l’un des enjeux majeurs dans le textile.

—  Stanislas Vandier, coordinateur du réseau R3iLab

De son côté, le tisseur de lin des Hauts-de-France Lemaitre Demeestere collabore avec la pépite bruxelloise Verteego pour rapprocher sa production des envies du consommateur, en analysant les publications des bloggeurs de mode et faire de la prédiction de tendances. « La production à la demande est l’un des enjeux majeurs dans le textile, explique Stanislas Vandier. Si un modèle est très porté, on sait qu’il va cartonner. »

Lectra, le spécialiste des solutions de découpe, l’a bien identifié. Ce concepteur de machines et logiciels, dont le site phare est à Cestas en Gironde, a lancé la solution Fashion on demand, pour automatiser la production à la demande de vêtements personnalisés. À la commande du consommateur, le logiciel associe automatiquement le modèle, les matières et composants, pour ensuite transformer ces informations en ordres de coupe, directement transmis à la machine.

L’objectif n’est pas seulement de s’adapter à la demande. Moins de stocks permet de verdir la production, alors que la destruction des invendus est une catastrophe environnementale. Le secteur le sait : le made in France doit aller de pair avec la durabilité. D’où le projet de l’Union textile de Tourcoing (UTT) d’utilisation de l’IA pour réduire la consommation d’énergie et recycler les boues et les eaux. 

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