Quels sont les effets de la canicule sur les secteurs de l'industrie ?

La canicule est de retour. Même si le pays a connu pire, Météo France place l'épisode parmi les plus sévères des dernières décennies. Dans de nombreux secteurs, inquiétude et prudence sont de mise.

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Centrale nucléaire de Golfech
Les deux réacteurs de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne) ont été arrêtés le 12 août pour éviter un réchauffement de la Garonne en aval.

La canicule s'est à nouveau abattue sur la France. Après un début de juillet conforme aux habitudes, les températures sont reparties dans le rouge en fin de mois. Au final, Météo France a enregistré une hausse globale de 0,9°C par rapport à la moyenne des autres années. Même constat sur les sept premiers mois de l'année, avec des températures supérieures de 0,34°C à celles de 2007, le précédent record. "Du jamais vu depuis le début des mesures météorologiques (au moins 1 900)", note l'établissement de météorologie.

Le début du mois d'août n'a pas arrangé les choses. Les 40°C ont été atteints, voire dépassés, à certains endroits. Si les épisodes orageux arrivés de l'ouest doivent mettre fin, un temps, à la chaleur d'ici la mi-août, "cet épisode devrait se placer dans le top 5 des épisodes plus plus sévères des dernières décennies, mais loin derrière 2003 et 2006", estime Météo France.

L'inquiétude des agriculteurs

Chez les agriculteurs, on imagine le pire. "La situation risque d'être catastrophique. On s'attend à des chutes de rendements spectaculaires, craint Joël Limouzin, vice président de la FNSEA. L'impact sur les revenus des agriculteurs va être terrible. La canicule a des effets néfastes sur les cultures du Grand Est et mortels sur les volailles du Grand Ouest."

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Aucune mesure particulière n'a été prise par le syndicat agricole, si ce n'est l'intensification des livraisons de pailles et de fourrages, organisées par les fédérations départementales. "On fera le bilan sur la situation en septembre-octobre, lors des récoltes de maïs. Mais nous sommes très inquiets de voir ces épisodes de sécheresse se répéter, ajoute Joël Limouzin. La solution serait d'optimiser le stockage de l'eau sur le territoire. Nous n'en manquons pas en France, elle est juste mal répartie".

75 départements subissent des restrictions d'eau

À propos de l'eau justement, selon le site gouvernemental Propluvia, 75 départements subissaient des restrictions au delà du stade de la simple vigilance et 166 arrêtés étaient en cours le 12 août. Comme d'habitude, le centre et le centre-Est de la France sont les zones les plus concernées.

Des départements comme la Haute-Vienne, la Creuse, l'Indre, le Cher, la Nièvre, et la Saône-et-Loire sont en restriction rouge, dite "crise". Les prélèvements dits "non prioritaires" (y compris agricoles) sont interdits. Seuls sont autorisés ceux qui concernent des usages prioritaires ou critiques, pour l'eau potable, les hôpitaux, ou encore la sécurité civile.

La SNCF surveille

Du côté des trains, la SNCF réalise chaque année des opérations de maintenance avant l'été. Les équipements de climatisation et de production d'air sont ainsi révisés avant la fin du mois de juin. Idem pour les composants essentiels des locomotives, comme les moteurs, les transformateurs et toute l'électronique. Tous les équipements réputés sensibles à la chaleur sont identifiés et placés sous surveillance.

Des tournées sont également réalisées, à pied et pendant les heures les plus chaudes, par les agents de maintenance des voies et des caténaires, pour détecter les potentielles défaillances. L'expérimentation des "coupons connectés" se poursuit également cet été. Des coupons de rails d'environ 50 kg sont équipés, à une extrémité, de capteurs qui mesurent en permanence leur température. Elles permettent de mieux orienter les tournées vers des secteurs déterminés comme plus sensibles à la chaleur.

La centrale nucléaire de Golfech à l'arrêt

Concernant les centrales nucléaires françaises, l'ASN indique que si la canicule peu abaisser la puissance de certaines centrales, EDF n'a pour l'instant pas sollicité de mesures dérogatoires. Le 12 août, l'électricien a cependant annoncé l'arrêt des deux réacteurs de 1 300 MW de la centrale de Golfech (Tarn-et-Garonne). Le premier est stoppé depuis le 10 août pour des opérations de maintenance. Le second a été mis en pause pour éviter que la température de la Garonne en aval ne dépasse les 28 degrés.

De manière générale, en cas de canicule, les centrales sont équipées de systèmes de ventilation et de climatisation contrôlés et entretenus régulièrement. Les cours d'eau mobilisés pour le refroidissement des réacteurs sont également surveillés, afin d'éviter de potentiels assèchements. La température de l'eau utilisée par l'installation est systématiquement contrôlée avant d'être rejetée dans la nature. Si sa température est trop élevée, elle passe par des tours aéroréfrigérantes qui évacue une partie de la chaleur dans l'atmosphère. Si ce n'est toujours pas suffisant, le réacteur peut être arrêté, comme ce fut le cas pour l'un de ceux de Golfech.

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