Quand la mesure du quantique fait débat

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Salle blanche de R&D chez IonQ à College Park dans le Maryland
Après Honeywell et IBM, c’est à la start-up IonQ de prétendre au titre de créateur de "l’ordinateur quantique le plus puissant du monde".

Encore un record d’informatique quantique. Après Honeywell, c’est à la start-up américaine IonQ de présenter "l’ordinateur quantique le plus puissant du monde". Avec un volume quantique de 4 millions, la machine dépasse largement le système le plus abouti de son concurrent, qui affiche un volume quantique de 128. Mais l’unité de mesure derrière ces records fait débat.

Créée en 2017 par IBM, elle est fondée sur un calcul prétexte défini par la firme. Pour un calculateur de N qubits capable d’enchaîner X calculs sur cet algorithme, son volume quantique sera égal à N puissance X. Ce qui explique que Honeywell et IBM ont un temps revendiqué la même puissance pour des machines qui comptaient respectivement 6 et 27 qubits. L’un pouvant enchaîner davantage de calculs que l’autre.

Pour certains experts, comme le professeur du MIT Scott Aaronson, cette mesure serait trop simpliste. La performance d’un calculateur dépend de nombreux paramètres, invisibilisés par un index unique. Par exemple, une machine dont les qubits sont mieux connectés entre eux aura besoin de moins de calculs pour résoudre un problème. Mais aurait un volume quantique inférieur à un système moins optimisé. Pis encore, le volume quantique focaliserait l’attention sur une prétendue puissance. Aux dépens d’autres progrès réalisés dans le domaine, comme la réalisation de calculs ayant un intérêt applicatif.

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