Après les levées de 3 millions d’euros en juillet 2014, et de 6 millions d’euros en mars 2019, la pépite grenobloise Primo1D boucle en ce mois de novembre un troisième tour de table d’un montant de 15 millions d’euros. Outre les investisseurs historiques, l’opération bénéficie du soutien de deux nouveaux investisseurs: le fonds SPI (géré par Bpifrance) et Innovacom.
« Nous avions atteint la maturité technologique en terme de produits et en étions jusqu’ici aux premiers déploiements commerciaux à titre pilote, explique à L’Usine Nouvelle Emmanuel Arène, cofondateur et directeur général de la start-up. Avec la nouvelle levée de fonds, nous allons passer aux déploiements à gros volumes auprès de nos clients, y compris à l’international, augmenter notre capacité de production et élargir notre base de clientèle. »
Fondée en août 2013 par essaimage du CEA-Leti à Grenoble, Primo1D développe une technologie d’identification radiofréquence RFID en forme de fil baptisée E-Thread. Un format qui rend possible son intégration, de façon invisible et durable, dans les textiles, câbles et objets industriels pour des applications d’identification, d’authentification, de traçabilité, de suivi en production, d’antivol et de lutte contre la contrefaçon. Le savoir-faire de la start-up réside dans la connexion de la puce mémoire à l’antenne et l’assemblage de l’ensemble dans un dispositif suffisamment miniaturisé pour s’intégrer dans un fil.
Gestion du cycle de vie des produits

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« Nous proposons la seule solution RFID durable, qui reste dans le produit, revendique Emmanuel Arène. Cela nous positionne sur les nouveaux usages et les nouveaux enjeux de l’économie circulaire. Dans le textile, par exemple, notre technologie pourra être utilisée pour gérer non seulement la logistique et les inventaires en magasin, mais aussi les retours clients, le marché de seconde main, le marché de la location et jusqu’au recyclage. Elle est adaptée à la gestion de l’ensemble du cycle de vie du produit. C’est quelque chose de plus en plus demandée par nos clients. La forme filaire offre l’avantage de s’intégrer dans le produit sans en altérer les caractéristiques. »
Témoignage du changement d’échelle, Primo1D, qui compte aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires d’un million d’euros en 2020, a quitté au début de l’année les murs de Minatec du CEA où elle était hébergée. La start-up s’est installée dans ses propres locaux de 500 m2 à Grenoble et s’est dotée de sa propre ligne d’assemblage pour un investissement de 3 millions d’euros.
Le conditionnement est adapté à chaque application (textiles, câbles, pièces en caoutchouc…) par des sous-traitants dans la région. « Ce changement a été une grande étape pour la société, affirme le dirigeant. Nous avons suffisamment de place et d’espace pour grandir jusqu’en 2023. Ensuite nous devrons trouver des locaux plus grands. »
20 brevets
Primo1D s’appuie sur une innovation issue du CEA-Leti, qu’elle a continué à améliorer avec le dépôt de 20 brevets en propre. Le coût varie de 10 centimes pour le textile et un euro pour les objets industriels en fonction de la capacité de la puce mémoire, de son packaging et de l’environnement d’utilisation. D’ici à fin 2022, la start-up prévoit d’investir 5 millions d’euros dans l’expansion de ses capacités de production, l’industrialisation de ses produits pour différents marchés et le renforcement de ses équipes d’ingénierie. Un projet soutenu par le gouvernement à hauteur de 2 millions d’euros dans le cadre du plan France Relance.
L’avenir s’annonce prometteur pour la start-up. « Il se vend 20 milliards d’étiquettes RFID lisibles à distance par an et ce marché est en croissance de 30%, indique Emmanuel Arène. Nous en étions jusqu’à la livraison d’environ un million de produits par an. Nous allons monter en puissance à partir de 2022 pour atteindre un volume de livraison de 100 millions d’unités en 2024. Ceci devrait nous amener en 2024 à un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros et un effectif d’une centaine de personnes. » Le dirigeant s’attend à ce que sa société atteigne la rentabilité en 2023.



