Pourquoi les concessionnaires jugent le "click and collect" insuffisant pour sauver la filière automobile

Les vendeurs de voitures font face à une période difficile avec le reconfinement. Bien que celui-ci s'avère plus souple que le premier avec l'aménagement du "click and collect" pour l'achat de véhicules, le Conseil National des Professions de l'Automobile (CNPA) estime le dispositif insuffisant. Explications.

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Concession automobile Spoticar
Le président de la République se prononcera le 12 novembre sur la possible ouverture des showrooms pour les concessionnaires.

A l’occasion d’une conférence de presse organisée le 4 novembre, le Conseil National des Professions de l’Automobile (CNPA) a souligné l’urgence d’aider la filière automobile frappée par le deuxième confinement. Contrairement au premier qui a vu l’arrêt complet du secteur, les professionnels de la filière peuvent cette fois vendre les pièces détachées et livrer les véhicules grâce au dispositif de "click and collect", comme l'avait révélé L'Usine Nouvelle le 29 octobre.

Mais cette souplesse ne suffira pas à compenser "le deuxième coup dur", selon Francis Bartholomé, président du CNPA.

5 % seulement de e-commerce

Bien que le "click and collect" offre une possibilité de poursuivre l’activité, Francis Bartholomé estime à moins de 5% les ventes potentielles de véhicules à espérer de ce nouveau canal. Pour l’heure, l’activité des concessionnaires est encore portée par les fortes ventes qui avaient suivi le déconfinement. Mais le syndicat s’inquiète de la rechute des commandes d’ici mi-novembre. A ses yeux, le dispositif est loin de suffire à compenser les pertes à venir pour les vendeurs automobiles.

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Un dispositif trop concurrentiel ?

Si les concessionnaires se montrent si réservés à l'égard du "click and collect", c'est aussi parce qu'ils n'ont pas d'intérêt à le soutenir: à terme, ce dernier permettrait en effet aux constructeurs automobiles de se passer d'eux.

En complément, le CNPA insiste donc sur le besoin des acquéreurs de voitures de regarder, de toucher voire d’essayer leur futur véhicule. Et prône la réouverture des showrooms en s’appuyant sur l'exemple de l’Allemagne, qui en autorise l’accès à condition d’une limite d’une personne pour 10 mètres carrés. Le président de la République doit se prononcer à ce sujet le 12 novembre.

Enfin, le syndicat réclame plus de clarté au sujet des modalités exactes des dispositifs d’aides applicables. A l'occasion du Comité stratégique de la filière automobile qui se tiendra avec trois membres du gouvernement vendredi 6 novembre, le CNPA attendra la confirmation "du plan d’aide, y compris pour l’aval de la filière", insiste son président.

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