Pourquoi le fabricant de voitures Renault s'allie à Google Cloud

Le constructeur automobile français Renault a annoncé le 9 juillet un partenariat stratégique avec Google Cloud. Explications.

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Ligne de peinture à Renault Sandouville.
Grâce à une meilleure utilisation des données et de l'intelligence artificielle, Renault pense notamment réduire de 10 à 20% sa consommation d'énergie dans les ateliers peinture.

En 2019, c’est dans le domaine du véhicule connecté que l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi avait fait appel à l’expertise de Google, avec l’intégration dès 2021 du système d’exploitation Android dans les véhicules des constructeurs. Jeudi 9 juillet, c’est autour de l’industrie 4.0 que Renault (cette fois seul aux commandes) et Google Cloud ont annoncé une nouvelle collaboration.

Celle-ci vise à "utiliser la force de Google en matière d’efficacité de stockage et de partage en temps réel des données, ainsi que d’intelligence artificielle", pour accélérer le virage numérique des 22 usines du groupe dans le monde, selon les mots d’Eric Marchiol, directeur de la transformation numérique de la fabrication et de la supply chain chez Renault. Et assurer aussi la formation des salariés aux outils du numérique.

"Notre transformation digitale a débuté en 2016 par la mise en place de réseau wifi dans nos usines et la connexion de nos machines. 2 500 à 3 000 machines sont aujourd’hui connectées, ce qui correspond à environ 30% de notre parc. Nous souhaitons d’ici fin 2021 passer à 70%", a rappelé le responsable de Renault lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes. "Le partenariat avec Google Cloud va permettre de capter et stocker les plus de 500 millions de messages que nos installations nous remontent chaque jour, et rendre intelligibles ces données pour l’ensemble de nos métiers", a ajouté François Lavernos, en charge des systèmes d’information pour le manufacturing et la supply chain. Une collaboration dont les responsables attendent déjà des résultats concrets.

Renault propriétaire des données

D’après Renault, grâce à la captation et l’analyse des données, le travail des robots dans les ateliers peinture pourrait être amélioré, avec des économies d’énergies attendues susceptibles de grimper de 10 à 20%. "Dans les centres d’usinage, l’analyse des données doit nous permettre de réduire le nombre de rebuts et optimiser là encore la consommation d’énergie", a illustré Eric Marchiol. Les algorithmes de reconnaissance d’images, couplés à des caméras en réseau, apparaissent aussi comme une nouvelle solution en matière de détection des défauts. "Il s’agissait jusqu’à présent d’installations assez lourdes. Le recours aux algorithmes nous permet d’obtenir aujourd’hui le même résultat à un coût moindre et pour une mise en place en quelques semaines", a précisé le responsable de Renault. 

Alors que la problématique de la mainmise des géants numériques nord-américains sur les données des utilisateurs ne cesse de prendre de l’ampleur, Renault se montre confiant. "Toute une partie de l’architecture de la donnée industrielle reste dans nos usines. Lorsqu’elles partent dans l’architecture cloud de Google, elles restent toujours la propriété de Renault et sont stockées en Europe de l’Ouest", a insisté François Lavernos.

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Pour Google, le partenariat vise à se confronter à des cas d’usage pour déployer des services à destination de l’industrie. "La technologie numérique a tout le potentiel pour avoir un impact significatif sur la production", indique Thomas Kurian, PDG de Google Cloud, dans un communiqué, tout en ajoutant vouloir "ouvrir la voie à une nouvelle ère d’excellence logistique".

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