L’impression 3D métallique embarque avec la marine américaine. Le navire USS Essex accueille depuis le 18 juillet une machine Xerox capable d’imprimer des pièces à partir d’un fil d’aluminium fondu. Cette installation – une première aux Etats-Unis – va permettre de tester les capacités d’impression dans les conditions réelles de navigation, avant, peut-être, de déployer plus largement la technologie dans la flotte de l’US Navy.
« Avoir cette imprimante à bord va nous permettre d’accélérer, d’améliorer et d’accroître notre état de préparation au combat », envisage le lieutenant-commandant Nicolas Batista, du département de maintenance intermédiaire des aéronefs à bord de l’Essex, dans un communiqué. « Les capacités de l’imprimante 3D vont permettre à l’Essex d’être plus auto-suffisant », ajoute-t-il.
Déjà testée, voire adoptée, par de nombreux corps des armées de plusieurs pays – l'armée de Terre française a par exemple créé un parc de 50 imprimantes 3D plastique en pleine crise du Covid – la fabrication additive permet en effet de court-circuiter des réseaux d’approvisionnement parfois complexes en fabricant sur place des pièces de rechange ou des outils. Un avantage lors d’opérations extérieures sur des terrains isolés… ou en mer, où les missions peuvent s’étendre sur plusieurs mois.
Imprimer des pièces d'aluminium de 25 cm de long
L’imprimante – installée dans un conteneur industriel pour assurer sa solidité – vient s’ajouter aux quelques machines déjà présentes sur le porte-aéronefs amphibie de 250 mètres de long, utilisées pour fabriquer de petites pièces mais limitées en taille et en variété de production. « Nous n’avons jamais été capables de fabriquer des pièces aussi précises et complexes, assure Jonah Waage, technicien du navire. C’est important car cela contribuera à des gains de temps et d’argent pour notre Navy au long terme. »
Présentée comme l’une des plus rapides du marché, la machine fournie par Xerox peut imprimer des pièces d’aluminium mesurant jusqu’à 25 centimètres de côté. De quoi fabriquer adaptateurs de carburant, dissipateurs thermiques, vannes de purge d'air, boîtiers ou encore couvre-soupapes, liste la marque dans un communiqué. Reste à former les marins à la technologie.
Cet essai s’accompagne de la création, par le commandement de la flotte de la Navy du Pacifique, d’un centre dédié à la fabrication additive. Y seront développées de nouvelles applications de la technologie pour les forces armées, notamment l’impression de pièces de rechange à la demande pour les avions et hélicoptères de combat. « La fabrication additive est devenue une priorité et il est évident qu’elle apportera un avantage dans les efforts de combat de toute la flotte et améliorera la maintenance de nos expéditions, qui contribue à notre avantage concurrentiel de surface », avance Nicolas Batista. De quoi hisser l’impression 3D au rang de technologie stratégique.



