Le coup de froid sur l'économie française depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, à l'été 2024, a-t-il coupé les ailes des start-up industrielles début 2025 ? Non, selon les données de Bpifrance publiées en avant-première par L'Usine Nouvelle. Le nombre de créations d'usines de start-up industrielles au premier trimestre 2025 est même en hausse notable par rapport aux trois années précédentes. «Une belle preuve de résilience de la part de ces projets innovants», souligne Paul François Fournier, directeur exécutif innovation de Bpifrance.
De 7 usines au premier trimestre 2022, 8 en 2023, 9 en 2024, on passe à 16 de janvier à mars 2025. C'est presque la moitié du total de l'année 2024 (38 ouvertures) réalisée en un seul trimestre ! Après une année 2024 un peu plus calme, c'est un retour au rythme d'ouvertures constaté en 2023, marqué par 60 créations de sites, qui sera à confirmer aux trimestres suivants.
Bpifrance y voit «un signal positif» dans un contexte économique difficile pour les start-up, qui ont davantage de difficultés à lever des fonds et qui voient chuter certains de leurs marchés clés, comme la chimie, l'automobile ou l'hydrogène. Les start-up semblent traverser cette période d'incertitudes avec un peu moins de difficultés que les grands groupes : l'observatoire des ouvertures et fermetures d'usines toutes catégories confondues de L'Usine Nouvelle pour le premier trimestre s'avère beaucoup plus négatif.
Il convient néanmoins de nuancer ce tableau : les start-up qui ouvrent des usines début 2025 (certaines, après avoir validé des pilotes industriels) récoltent les fruits de plusieurs années de travail, donc bénéficient encore du vent porteur des années précédentes. Et surtout, comme nous le racontions dans notre numéro du mois de mars, une fois leur usine ouverte, tout reste à faire : monter en volume, conforter son business model, recruter les bons profils... C'est une course de fond (et une course aux fonds !) qui continue. D'ailleurs, quelques start-up industrielles emblématiques sont d'ailleurs entrées en zone de turbulences au premier trimestre 2025, comme Daan Technologies, fabricant de produits électroménagers, placé en redressement, ou Ynsect, en quête d'un repreneur. Signal moins négatif : le flux de nouveaux projets ne se tarit pas, comme le démontre la septième vague de "premières usines" subventionnées par l'État. Neuf nouveaux projets ont été dévoilés le 30 avril. Les start-up industrielles n'ont pas dit leur dernier mot !



