Orgapharm (filiale d'Axyntis) compte bien réussir son redressement

Filiale du groupe de chimie fine Axyntis, Orgapharm a été placée en redressement judiciaire. À cette occasion, David Simonnet reprend les rênes opérationnelles de l’entreprise pour lui permettre de surmonter cette nouvelle épreuve.

 

Réservé aux abonnés
Indépendance sanitaire
Axyntis dispose d'un panel complet d'équipements pour travailler du early stage jusqu'au stade commercial.

C’est un David Simonnet très combattif qui reprend la direction générale d’Axyntis, poste qu’il avait cédé l’an passé avec l’entrée d’un nouvel investisseur, l’américain Sandton Capital Partners. Son groupe qui avait su redéployer une stratégie de croissance, à la suite de la fermeture de Synthexim à Calais, doit affronter un nouveau défi : le retrait de cet investisseur, échaudé par l’absence de visibilité dans ce secteur de la chimie fine. Cette situation critique a poussé David Simonnet à placer Orgapharm, la filiale d’Axyntis installée à Pithiviers, en redressement judiciaire le 29 avril 2025. Depuis la mi-2024, Orgapharm subit une baisse de la demande du secteur cosmétique, qui représente 30 % de son activité. Or cette alerte tendait à s’intensifier alors que ses clients sont à la peine sur le marché asiatique. Cette déconvenue intervient dans une conjoncture générale dégradée, liée aux prix élevés de l’énergie et à une concurrence asiatique exacerbée, à laquelle s’ajoute un climat géopolitique tendu, depuis l’élection de Donald Trump.

Accélérer dans la pharma

Cependant David Simonnet n’est pas revenu aux opérations, assisté de Sylvain Devantay, son nouveau directeur industriel, pour préparer le démantèlement de l’entreprise. Il compte sur les six mois que va durer la procédure pour assurer la continuité de l’activité d’Orgapharm qui demeure bien orientée à court terme. « Nous avons un carnet de commandes de 10 millions d’euros à livrer d’ici juin-juillet. Et il a doublé par rapport au premier trimestre », assure le dirigeant, ajoutant que le site n’est pas surcapacitaire. Par ailleurs, Orgapharm envisage d’accélérer son redéploiement vers davantage de projets pharma, dans les génériques et les phases cliniques. Une stratégie entamée dès 2023. Au programme également, une amélioration de la performance opérationnelle qui s’appuiera sur l’engagement des salariés. « L’ensemble du personnel demeure solidaire et mobilisé afin de réussir ce challenge, comme ceci a été rappelé par les instances représentatives de l’entreprise lors d’un CSE et devant le Tribunal », a confirmé David Simonnet. Pour garantir le succès de ce plan, le dirigeant est à la recherche d’un nouvel investisseur, de préférence un industriel. La filiale Steiner à Saint-Marcel (27), spécialisée dans les colorants, qui a réalisé un exercice record l’an dernier pourrait être cédée. Centipharm, à Grasse (06), restera sous le contrôle d’Axyntis. Ses installations à plus grands volumes fonctionnant en tandem avec celles d’Orgapharm. 

Une concurrence asiatique toujours déloyale

Malgré ce programme bien articulé, une inconnue demeure et suscite de l’inquiétude. Depuis quelques années, en particulier au sortir du Covid, la chimie fine française (et européenne) pensait retrouver des couleurs à la faveur de la mise en place par des clients de la pharma d’un double sourcing européen, pour diminuer le risque d’un approvisionnement asiatique unique. Phénomène qui devait s’amplifier avec la révélation d’importantes ruptures d’approvisionnement et le souhait de recouvrer une souveraineté sanitaire en Europe. Or D. Simonnet observe une inflexion de certains clients qui privilégient à nouveau le coût, alors que la réussite de son plan repose « sur le respect de leurs stratégies d’approvisionnement de proximité ». Et il ne peut que déplorer le manque d'avancée en matière de réindustrialisation.  « Il est décevant de constater que les problèmes de concurrence déloyale avec des producteurs asiatiques qui ne respectent pas les mêmes règles que nous n’ont jamais été traités », estime David Simonnet. En particulier, la question du marquage de l’origine des actifs sur les emballages de médicaments, qu'il promeut depuis 2011, reste sans réponse. Aujourd’hui, ce sont tous ces sujets non traités qui reviennent en boomerang et mettent en grand péril les industriels de la chimie. 

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs