Michelin a décidé de lâcher du lest. Les traditionnelles négociations salariales annuelles ont abouti cette année à une augmentation de 5%, en moyenne, pour les 17 000 salariés France, dont 9 000 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). «Cette politique salariale tient compte des difficultés et des incertitudes de l’année 2023 qui ont impacté les activités du Groupe, particulièrement en Europe et en France», assure la direction qui, une fois n’est pas coutume, a emporté l’adhésion de la quasi-totalité des syndicats.
Quasi-unanimité syndicale
La CFDT, la CFE-CGC et Sud se sont déclarés signataires le 31 janvier à l’issue de deux séances de négociation les 24 et 25 janvier. La CFE-CGC, syndicat majoritaire, «salue le climat de cette négociation, à la fois avec les autres organisations syndicales et avec la direction qui a su être à l’écoute et faire bouger les lignes». La CFDT, elle, s’est dit «plutôt satisfaite de la conclusion de cette négociation qui est à la hauteur de ses revendications». Enfin, Sud a souligné qu’il fallait «remonter 20 ans en arrière pour voir un accord signé par trois organisations syndicales». Seule la CGT a refusé de signer, contestant le mode de calcul de la hausse.
Sur le fond, l’ensemble des catégories de personnel, agents, collaborateurs et cadres bénéficieront de 5% de budget d’augmentation. Au total sur deux ans, les agents ont bénéficié d’une augmentation de salaire de 11%, «incluant une part importante d’augmentation générale et de prime d’ancienneté», souligne le groupe.
Concilier compétitivité et reconnaissance des efforts
«Nous avons essayé de trouver le meilleur équilibre possible pour concilier les contraintes de la compétitivité et la nécessité de reconnaître les efforts de tous, notamment de notre personnel de production», a déclaré Pierre Février, directeur des relations sociales Michelin France.
A travers cette NAO, la direction souhaite «renforcer la cohésion sociale, avec notamment le souci de garantir l’équité de rémunération», «soutenir l’attractivité du Groupe pour continuer à attirer les meilleurs talents» et enfin «préserver la compétitivité et la performance durable de l'entreprise, ce qui nécessite de maîtriser l’évolution des coûts de production et les frais généraux».
Lors de ses vœux à la presse, le 25 janvier dernier, le gérant du groupe Florent Menegaux, avait évoqué «sa volonté farouche d’offrir un salaire décent à l’ensemble de ses collaborateurs». Le message est visiblement passé.



