Crée en 2010 pour guider le gouvernement dans son approche du numérique, le Conseil national du numérique (CNNum) prend un nouveau virage à l’occasion de son renouvellement. Mandaté pour deux ans et dévoilé le 11 février, le nouveau collège de 17 membres, complété par 4 parlementaires, est principalement composé de scientifiques et académiciens, selon une approche interdisciplinaire.
Parmi ses membres : l’économiste Joëlle Toledano, spécialiste de la régulation économique et des Gafa, la sociologue de la culture et du numérique Dominique Pasquier, l’informaticienne à l’Inria Justine Cassell, détentrice d’une chaire en technologies du langage, le chercheur en informatique et philosophe Gilles Dowek, ou encore le psychiatre Serge Tisseron, qui étudie notamment les relations des humains aux machines.
Ne plus aiguiller l'action publique ...
"Le Conseil national du numérique a été créé avec la vocation d'aiguiller le gouvernement dans son approche du numérique, notamment pour ses choix d’action publique, a déclaré Cédric O, le secrétaire d’Etat en charge du numérique, lors de la cérémonie d’installation du nouveau CNNum. Nous avons considéré que ce sujet est désormais derrière nous. Le numérique est partout et aucun projet de loi n’est déposé aujourd’hui sans avoir une dimension numérique."
Et de poursuivre, pour justifier l'angle du virage pris : "En revanche, je pense qu’il y a un manque, celui de penser la transformation numérique dans sa globalité. Le numérique modifie notre intimité, la démocratie, les rapports de forces économiques et géopolitiques, pose de nouveaux problèmes éthiques, ... Nous avons voulu faire du CNNum un lieu pour des discussions transdisciplinaires."
... mais interroger "ce que le numérique fait au monde"
A dominante scientifique, la nouvelle composition intègre tout de même des acteurs économiques, au premier chef desquels figurent ses deux coprésidents : la directrice générale du Crédit du Nord, Françoise Mercadal-Delasalles, et l’entrepreneur et spécialiste du numérique Gilles Babinet.
Les priorités du nouveau conseil ? "Nous n’avons pas décidé de briques préalables, a répondu Françoise Mercadal-Delasalles, qui observe, depuis plusieurs années, les impacts du numérique dans le monde bancaire. Le projet, c’est celui de faire émerger une réflexion collective sur la question de ce que le numérique fait au monde. Nous voulons le démarrer sans a priori. Car comme en philosophie, la grosse difficulté est de bien poser le problème."
L’installation de ce nouveau CNNum met fin à la précédente mandature, présidée par Salwa Toko. En deux ans, elle s’était emparée de 15 thématiques, au cœur desquelles ont figuré la mixité et la diversité, l’empreinte environnementale du numérique et l’éthique.



