Le groupe Lecta, propriétaire des Papeteries de Condat, a annoncé son intention de fermer la ligne 4 de son usine du Lardin-Saint-Lazare (Dordogne). Cette ligne produit du papier couché double face. «Lecta prévoit de concentrer le savoir-faire et les ressources de l’usine de Condat sur la ligne8 dédiée à la production de papiers spéciaux, glassine et papier couché une face. Cette ligne a fait l’objet d’un plan d’investissement significatif pour conduire sa reconversion», expliquent dans un communiqué les dirigeants, qui n’ont pas souhaité répondre aux questions de L’Usine Nouvelle.
Ils justifient cette décision par une baisse de 40% de leurs commandes et une hausse des prix de l’énergie. Sur les 420 salariés du site - ce qui fait de l’entreprise le plus gros employeur industriel de Dordogne -, 187 devraient perdre leur poste selon les syndicats, un chiffre qui n’a pas encore été confirmé par la direction.
«Lecta s’engage à minimiser les conséquences sociales du projet de cessation de l’activité de la ligne4 de l’usine de Condat et entamera dans les prochains jours des réunions d’information/consultation avec ses représentants du personnel», explique-t-elle succinctement dans le même communiqué, publié le 20 juin. Ces réunions devraient débuter lundi 26 juin.
L’usine menacée à moyen terme?
Jeudi 22 juin, des représentants du personnel ont été reçus par la préfecture de Dordogne, de même que des sous-traitants de Lecta, pour demander le maintien de l’activité de la ligne 4. Le préfet s’est engagé à recevoir la direction du groupe, jeudi 29 juin. Les Papeteries de Condat avaient déjà engagé un plan social en 2013, supprimant 139 postes. En 2019, Lecta avait bénéficié d’un très fort soutien de l’État (13 millions d’euros) ainsi que de la région Nouvelle-Aquitaine (prêt à taux zéro de 19 millions d’euros) notamment pour construire une chaudière à biomasse, qui sera opérationnelle dans un an. Mais d’ici là, près de la moitié des salariés devraient donc avoir été licenciés… Une partie du personnel craint d’ailleurs que la fermeture de l’une des deux lignes de production ne préfigure, d’ici quelques mois, l’arrêt définitif et complet de l’usine.



