Le flop de l’application mobile StopCovid n’aura pas eu raison de la présence de Cédric O au sein du gouvernement. Secrétaire d’Etat au numérique depuis 2019, ce proche d’Emmanuel Macron est reconduit dans le gouvernement de Jean Castex, dévoilé dimanche 26 juillet par l’Elysée. Il est désormais en charge de la Transformation numérique et des communications électroniques.
"Les télécoms sont l’épine dorsale de la transformation numérique. Sans connexion, pas d’usages", a fait valoir sur Twitter Cédric O, se disant également "honoré de poursuivre [s]a mission".
Le président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a réagi en mettant l’accent sur le rôle des infrastructures numériques dans la compétitivité du pays et le chantier de leur empreinte environnementale.
Sortir StopCovid du bourbier
Le maintien de Cédric O au sein du gouvernement dans l’acte II du quinquennat Macron n’était pourtant pas gagné. En cause : le flop de l’application StopCovid, seul dossier politique sur lequel ce diplômé de HEC s’était réellement engagé. L’outil numérique pour retracer les contacts des personnes infectées par le Covid-19, déployé le 2 juin, a été activé par moins de 3% des Français et n’avait, en date du 23 juin, alerté que 14 personnes de risques de contagion.
Un échec qui s’explique par le mauvais timing du lancement du l’application, opéré alors que la propagation du virus entamait sa régression, mais aussi par un manque d’adhésion à ce dispositif, critiqué pour son manque d’efficacité et les risques qu’il fait courir en matière de libertés fondamentales. La Cnil a depuis soulevé des manquements aux lois européennes en vigueur sur le sujet, le Règlement général sur la protection des données (RGPD) et loi Informatique et libertés. Ne pas laisser l’application s’enfoncer davantage dans le bourbier fait partie des défis que va devoir relever Cédric O pour cet acte II.
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Health data hub, 5G et indépendance technologique
La défiance suscitée par StopCovid – qui a un temps collecté plus de données que nécessaire et dont la protection de l’anonymat des utilisateurs a été remise en cause – laisse présager d’un autre dossier chaud à venir : le déploiement de la reconnaissance faciale en France, dont Cédric O aimerait voir les expérimentations se multiplier et ce avant qu’un débat public ne soit organisé.
Deux autres sujets devraient aussi donner du fil à retordre à celui qui fut trésorier de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron et son conseiller numérique à l'Elysée : le déploiement du Health Data Hub, base de données de santé dont l’hébergement a été confié au géant Microsoft sans appel d'offre ; l’arrivée de la 5G, déjà soumise à des controverses en matière d’indépendance technologique et d’impact environnemental. Apprécié de la start-up nation mais ne faisant pas l'unanimité dans le milieu de la tech, Cédric O a revu sa copie et finalement annoncé l'organisation d'un appel d'offres pour l'hébergement du Health Data Hub. De quoi redonner un peu de crédibilité a celui qui fait de la défense de la souveraineté numérique de la France l’un de ses chevaux de bataille.



