En se rendant sur le site de La Seyne-sur-Mer (Var) le 26 mars, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, a promis aux représentants des salariés que CNIM était « définitivement sauvé ». Le gouvernement a accordé à l’équipementier et ensemblier industriel un prêt direct de 40 millions d’euros dans le cadre du fonds de développement économique et social (FDES) et s’engage à garantir les marchés à l’exportation de l’entreprise à hauteur de 180 millions d’euros.
CNIM réalise près de la moitié de son activité à l’international et emploie plus de 2 700 personnes dont près de 1 200 sur le site varois pour un chiffre d’affaires 2019 de 588,4 millions d’euros. Depuis le printemps 2020, les nuages s’étaient amoncelés à la suite de la défaillance d’un partenaire au Royaume-Uni, dans le domaine de la valorisation des déchets ménagers, qui a plongé ses comptes dans le rouge.
Le ministre a admis la complexité du dossier devant tous ceux, collaborateurs et élus locaux, qui redoutaient un démantèlement du groupe et que des entités étrangères s’emparent de savoir-faire et de solutions technologiques qui ont fait sa renommée sur des marchés souvent sensibles, notamment dans la Défense, le spatial (programmes d’Ariane) ou le nucléaire (ITER). «Ce sauvetage est un succès collectif », a souligné Bruno Le Maire. La veille de sa venue, les termes de l’accord de restructuration financière avaient été dévoilés entre l’Etat, Martin GmbH, le partenaire industriel allemand historique de CNIM, les créanciers et les assureurs-crédit.
Trésorerie renforcée
Ce « mémorandum d’entente » fait suite aux annonces des cessions des filiales O&M, Bertin IT et des participations biomasses (« closings » attendus d’ici à la fin du 1er semestre 2021). Il redonne de la « flexibilité financière » au groupe. Le prêt FDES sera mis à disposition « sous la forme d’une aide au sauvetage dont 30 millions d’euros sont versés immédiatement et 10 millions d’euros à la date de signature de l’accord définitif de restructuration. Cette aide serait par la suite refinancée par un prêt participatif d’une maturité de 10 ans » indique un communiqué de l’industriel. Une autre partie de ce mémorandum concerne « la conversion de 71% de la dette existante en instruments de quasi-fonds propres de types obligations non cotées remboursables en actions nouvelles (ORA) à hauteur de 163 millions d’euros ». Elles pourraient être émises au 1er semestre 2021 et auraient une maturité de 6 ans et demi.
Martin GmbH souscrira par ailleurs à une augmentation de capital de 17,5 millions d’euros de la filiale LAB (procédés et services de dépollution de fumées des centres de valorisation de déchets) qui lui donnera, après l’opération, 49% des parts. CNIM précise enfin que « ses besoins d’émissions de cautions pour l’année 2021, estimés à environ 226,4 millions d’euros, seront couverts par ses partenaires bancaires et ses assureurs-crédit ». Il ne devrait pas y avoir d’autres cessions que celles déjà annoncées.
Président du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, Renaud Muselier évoque «une victoire pour l’industrie française et la région», compte tenu des risques économiques et sociaux que faisaient peser les difficultés du groupe. En 2019, l’institution avait soutenu un développement de l’outil de production, notamment pour la fabrication de la nouvelle génération de pont flottant motorisé (PFM) que CNIM annonce pour le 1er semestre 2021. Déployable en pont ou ferry, cet équipement apportera une solution de franchissement pour les véhicules les plus lourds des forces armées, mais aussi lors d’opérations civiles, après une catastrophe naturelle.



