«Il s’écoule 2 minutes 30 entre le moment où un colis entre dans notre nouveau hub d’Ile-de-France et celui où il en sort. C’est comme dans une épreuve de 100 mètres, nous cherchons toujours à améliorer nos performances». Le directeur général de GLS France, Nicolas Robert résume bien la compétition à laquelle se livre les opérateurs de e-colis, placés sous la pression d’Amazon : toujours plus vite, avec toujours plus de volumes, pour toujours plus de productivité.
Le 25 septembre, le groupe inaugurait son nouveau centre de tri largement automatisée au Coudray-Montceaux (Essonne) fruit d’un investissement de 50 millions d’euros. La plate-forme de 11000 m² reçoit par semi-remorques des flux de colis BtoC et BtoB de 0 à 30 kilos, découpé en trois catégories (petits, moyens et hors gabarit) pour les réexpédier en agence de la même manière. Destination : principalement l’Ile de France, mais aussi le reste de la France et l’international.
La moyenne quotidienne tourne actuellement autour de 100000 colis traités pour une capacité de 350000 que GLS pense atteindre en quelques années. A titre de comparaison, c’est un peu moins que les 380000 en moyenne traités en 4 minutes par Colissimo sur sa plate-forme de Montereau-sur-le-Jard (Seine-et-Marne) capable en pointe d’avaler plus de 700000 unités.
"Best-of" de ce qui existe chez les concurrents
«Par rapport à notre ancien hub de Fleury-Merogis dont l’activité a été transférée au Coudray-Montceau, les gains en termes de coûts d’exploitation atteignent 30%», chiffre Nicolas Robert. Avec cet outil innovant décrit comme «sans équivalent en France», GLS revendique une longueur d’avance sur les autres.
«On a réussi à agglomérer tout ce qui se fait de bien sur un des sites de nos concurrents», développe Michel Naudin, le directeur général adjoint chargé de la stratégie et du développement. «La lecture Datametrix à 5 ou 6 faces, le rechargement croisé, c’est-à-dire le fait de pouvoir trier des colis de taille différentes mélangés dans un même flux, c'est plus de rapidité, plus de capacité et beaucoup moins d’erreurs qu’en tri manuel», complète-t-il. Autres atouts mis en avant : un pilotage informatique de dernière génération, un affichage dynamique interne, l’affectation des colis intégrant la prise de poids en dynamique, le calcul du volume en dynamique.
Société sœur de Royal Mail, toutes deux propriétés d’un holding privé (IDS), GLS est encore modeste en France avec 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais croit vite. Portée par le e-commerce, elle a déjà programmé un hub du même type sur Lyon. Dans l’Essonne, l’implantation stratégie à proximité d’un nœud routier (A6, N7, N104) participe également à la recherche de performance. GLS a récupéré le dernier emplacement libre au Coudray-Montceau, rejoignant ainsi GXO, DPD, K+N.
Autre particularité, avec sa façade en moucharabié et ses volumes différents, le bâtiment offre une esthétique en rupture avec les standards de la logistique. «C’est important que ce qui est efficace soit également beau, car le beau se vend mieux» affirme Nicolas Robert. Équipé de solutions photovoltaïques, d’un éclairage 100% Led variant selon la luminosité extérieure, et d’un système de récupération des eaux de pluie, l’équipement vise l’autonomie énergétique.
On trouve également des bornes de charges pour poids lourds électriques, encore très minoritaires dans le parc exploité. De ce côté-là, avec un camion sortant toutes les 3 minutes, la réduction des émissions de CO2 sur la partie transport relève du marathon.



