Le groupe ADP dévoile à Pontoise le premier terminal pour taxis volants

Le groupe ADP a inauguré le premier terminal test pour taxis volants, à Pontoise. En 2024, cinq terminaux parisiens permettront d’assurer les premiers vols commerciaux expérimentaux lors des Jeux olympiques. Un marché prometteur suspendu aux enjeux réglementaires, sociétaux et économiques.

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Le groupe ADP a inauguré le premier vertiport européen, à l'aérodrome de Pontoise (Val d'Oise). Prochaine étape: les premiers vols commerciaux expérimentaux pour les JO 2024 à Paris.

Petit à petit, les taxis volants font leur nid dans Paris. Le groupe ADP a dévoilé, jeudi 10 novembre, le premier terminal test pour l’exploitation des futurs aéronefs électriques à décollage et atterrissage vertical (eVTOL) au niveau de l’aérodrome de Pontoise Cormeilles-en-Vexin (Val d’Oise), à 35 km au nord-ouest de Paris. Une infrastructure clé pour la future exploitation de ces engins, laquelle se rapproche à grands pas : le groupe ADP et ses partenaires visent toujours une première exploitation commerciale expérimentale lors des Jeux olympiques de Paris en 2024 via cinq terminaux. Le VoloCity – un biplace équipé de 18 rotors – a réalisé un vol intégré dans le trafic aérien conventionnel.

« Il faudra encore quelques années pour que cela devienne un instrument de la vie quotidienne de nos compatriotes », a soutenu Augustin de Romanet, le PDG du groupe ADP.  L’équipe derrière ce pari, lancé mi 2019 ? Outre le gestionnaire d’aéroports, elle comprend notamment la RATP, la région Ile-de-France, le constructeur d’eVTOL allemand Volocopter (dirigé par l'ex-Airbus Dirk Hoke) ainsi que Skyports, spécialiste britannique des vertiports (terminaux pour taxis volants) et le fournisseur de technologies aéroportuaires Sita. Le projet a connu une sérieuse accélération en novembre 2021, lorsque l’aérodrome de Pontoise a été inauguré pour servir de zone d’essais.

Un vertiport intégré

Depuis un an, l’engin et le terminal ont été mis sur le gril. Résultat : la mesure d’impact acoustique indique une nuisance quatre fois moins importante que celle d’un hélicoptère. Quant à l’intégration dans l’espace aérien, elle a été validée via des essais comprenant des manœuvres d’évitement en condition réelle. Le niveau de maturité atteint par ce projet en l’espace de trois ans devrait peu à peu faire taire les plus sceptiques.

A quoi ressemble ce premier vertiport intégré ? Le bâtiment sans étage frappe d’abord par sa taille modeste : une superficie de 115 m² qui maximise la possibilité de s’insérer dans des endroits exigus, en particulier en zone urbaine, et permet une circulation rapide des passagers. A l’intérieur, un système de contrôle d’identité par reconnaissance faciale assure la fluidité de l’embarquement. L’enregistrement pourra à l’avenir s’effectuer via une application sur smartphone.

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« C’est le seul endroit au monde où toutes les briques technologiques sont assemblées », s’enthousiasme Edward Arkwright, le directeur général exécutif d’ADP. Cette première réalisation va servir de modèles aux cinq vertiports prévus en 2024. Ils permettront l’exploitation d’une ligne reliant l’héliport d'Issy-les-Moulineaux et l'aérodrome de Saint-Cyr l’École et d’une deuxième entre les aéroports Charles-de-Gaulle et Le Bourget. Un autre terminal devrait aussi voir le jour en plein Paris, une barge installée sur la Seine, au niveau du quai d'Austerlitz.

Vers une démocratisation des taxis volants?

Mais l’exploitation, même expérimentale, ne pourra être effective qu’avec le feu vert réglementaire. « Il devrait décrocher sa certification en 2024, ce sera le défi des 18 prochains mois », assure Dirk Hoke. Un sésame qui sera délivré par l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA). Une condition sine qua non pour qu’ensuite les conditions de vol – délimitation, altitude, vitesse… – soient définies au cas par cas avec la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Objectif poursuivi par le groupe ADP et ses partenaires pour cette même année : faire voler une flotte d’une dizaine de ces eVTOL, chaque appareil étant capable d‘assurer 2 à 3 vols par heure. A cette date, les vols, effectués entre 200 et 300 mètres d’altitude, seront assurés avec un pilote à bord.

Cette première exploitation devrait être le prélude à une démocratisation des taxis volants, soutiennent les acteurs liés au projet. Et ce n’est clairement pas le transport de masse qui est visé. « Nous travaillons avec l’AP HP pour évaluer la possibilité d’assurer par exemple le transport de greffons », précise Augustin de Romanet, évoquant également un potentiel commercial dans la logistique, la surveillance et la sécurité.

Quant au prix pour le transport de personne, il devrait être comparable à celui des trajets actuels en VTC. Du côté de Volocopter, on parie sur un doublement de l’autonomie des eVTOL d’ici 2027, qui passerait ainsi de 30 minutes à une heure. Les VoloCity sont munis de 9 batteries mobiles dont la densité énergétique est d’environ 250 Wh/kg. « Nous comptons aussi sur le lancement de notre version à quatre places, capable de parcourir 150 km », soutient un responsable de l’entreprise. De l’avis général, les vols autonomes ne devraient pas intervenir avant 2035.

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