L’arrivée des taxis volants se précise. La preuve : au-delà des engins eux-mêmes, ce sont les infrastructures permettant leur exploitation qui font de plus en plus phosphorer les industriels. C’est pour mettre au point les technologies des futurs aéroports des aéronefs à décollage et atterrissage verticaux (VTOL) que Sita et Skyports ont annoncé un partenariat inédit mardi 14 juin. Le tandem va s’atteler à définir les vertiports de demain, avec un premier banc d'essai prévu pour septembre 2022 à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise), près de Paris.
Le lieu de cette expérimentation imminente ne doit rien au hasard : le britannique Skyports fait partie des acteurs impliqués dans le projet, lancé en 2019, visant à déployer les taxis volants en région parisienne avec l’aérodrome de Pontoise-Cormeilles-en-Vexin (Val-d’Oise) comme premier terrain de tests. Une zone inaugurée en novembre dernier. L’entreprise, qui compte entre autres le groupe ADP parmi ses soutiens financiers, conçoit et exploite des vertiports un peu partout dans le monde. Et les investisseurs suivent le mouvement, comme le prouve sa dernière levée de fonds de 23 millions de dollars.
Technologies à tous les étages des vertiports
Mais au-delà de l’infrastructure, le développement des vertiports nécessite l’usage poussé de technologies numériques. « C’est une première pour Sita, nous n’avons jamais lancé une telle opération dans ce segment de la mobilité aérienne urbaine, souligne Sergio Colella, président de Sita Europe. Il s’agit d’un partenariat technique pour concevoir le parcours des passagers dans l'écosystème de la mobilité aérienne avancée. » Sita, qui équipe environ un millier d’aéroports dans le monde, va s’ingénier à adapter ses savoir-faire pour simplifier et sécuriser les vols en VTOL.
Quelles technologies seront mises en musique ? Il s’agira en particulier de technologies permettant depuis un mobile d’organiser un voyage, comme la biométrie pour la reconnaissance du visage en guise de carte d’embarquement et de passeport. Une automatisation de l’expérience passager que Sita a déjà déployée à l’aéroport de Pékin depuis 2020, via 600 points de contrôle biométrique, de l'enregistrement à la dépose des bagages, en passant par l'immigration, la sécurité et l'embarquement. Un transit sans contact qui réduit de manière significative les temps de passages à l’aéroport.

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Sita-Skyports Sita déploiera des technologies de reconnaissance faciale pour faciliter l'expérience passager. Crédit: Sita-Skyports
Sita fournira également une solution de programmation automatisée pour soutenir les opérations côté piste de Skyports. « Dès qu'un passager demandera une réservation, un créneau de vol sera automatiquement réservé au départ et à l'arrivée, ce qui permettra de s'assurer que l'avion est prêt et attendra à l'arrivée du passager », détaille Sergio Colella. Cette solution permettra aussi de s'assurer que toutes les ressources nécessaires à ce vol sont en place pour garantir un départ à l'heure. L’intelligence artificielle sera largement mise à contribution, étant capable de prédire au plus juste les temps de vol et les créneaux disponibles.
La multimodalité aussi à l'horizon
Ces technologies devraient pousser à la démocratisation des taxis volants, en réduisant les temps d’attente et les coûts des opérations. « En Ile-de-France, l’exploitation commerciale pourrait démarrer aux environs de 2025-2026 », prévoit Sergio Colella. Une estimation qui prend en compte le temps nécessaire aux premiers essais, mais aussi aux autorisations de vols de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) et aux certifications de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA).
Les jeux Olympiques de 2024 devraient être l’occasion d’expérimenter des vols pré-commerciaux pour les taxis volants. Deux lignes ont été définies: Issy-les-Moulineaux/Versailles et Roissy et/ou le Bourget vers un site de Paris qui reste à déterminer. Les prix des vols pourraient se situer entre 100 et 150 euros. Alors que plusieurs endroits autour de la capitale pourraient peu à peu accueillir ces nouveaux vertiports, Sita s'intéresse également aux enjeux de multimodalité. La SNCF vient de reconduire l'entreprise pour développer et gérer l'interface numérique de billetterie avion + train. Pourra-t-on bientôt y ajouter les taxis volants?



