L’ouverture en juin 2021 d’un site de valorisation des menuiseries usagées illustre le virage pris par Les Zelles à La Bresse (Vosges) en termes de responsabilité sociétale. Ce fabricant de fenêtres PVC et aluminium (84 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020) est passé récemment entre les mains de ses 481 salariés en CDI. Le fonds parisien MBO & Co, son actionnaire majoritaire, leur a cédé sa place après treize années de présence au capital.
Cette ancienne filiale de Lapeyre (groupe Saint-Gobain) est une des premières entreprises en France à avoir mis en œuvre le mécanisme du fonds commun de placement de reprise (FCPE de reprise), encouragé par la loi Pacte de 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises.
Grâce à ce véhicule financier, les salariés sont désormais les premiers actionnaires des Zelles. Leurs 36% de parts du capital se répartissent entre Laurent Demasles, président de la société (10%), le comité de direction (12,5%) et les salariés (13,5%). A cette occasion, l’entreprise a également fait entrer au capital Bpifrance (20%), BNP Paribas Développement (20%), l’Institut Lorrain de Participation (8%), le fonds régional Eurocapital (8%) et la Caisse d’Epargne Grand Est Europe (8%).
"J’ai tenu à ce que l’ensemble des salariés soit actionnaire en offrant 260 euros d’actions à chacun. Parallèlement, un peu plus des deux-tiers ont mobilisé leur épargne sous forme d’intéressement et de participation. Enfin, les cadres du comité de direction se sont engagés encore plus avant en investissant l’équivalent d’une année de salaire chacun; le plafond maximum prévu par la loi Pacte", décrit Laurent Demasles, le président des Zelles.
Croissance externe
La société, conseillée par le spécialiste de l’actionnariat salarié Equalis Capital, a dans le même temps adopté le statut d’entreprise à mission, également prévu par la loi Pacte. Les Zelles mise sur cette stratégie d’actionnariat salarié, sur son statut d’entreprise à mission et sur l’assise financière de ses nouveaux actionnaires pour séduire des PME familiales en quête de repreneurs. L’entreprise, positionnée majoritairement en BtoB (business to business), souhaite ainsi atteindre une taille critique en vue de répondre aux besoins des bailleurs sociaux, un segment en pleine restructuration. Sa seule acquisition remonte à 2009, avec la reprise d’un fabricant de fenêtres aluminium à Pessac (Gironde).



