«C’est une suite logique» explique Arthur Denez, porte-parole du groupe Gaussin. Le constructeur de véhicules logistiques basé à Héricourt, en Haute-Saône, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de Vesoul le 25 septembre. «Avec la cession de Métalliance, le repreneur a racheté les stocks. En conséquence, Gaussinne peut plus fabriquer et donc ne peut plus livrer ses clients», complète-t-il.
Dans une suite logique, la situation engendre alors plus de charges que de recettes et l’entreprise s’est retrouvée en cessation de paiement auprès de ses fournisseurs. «Les salaires sont assurés quant à eux jusqu’à la fin de l’année», assure le représentant de l'entreprise (35,7 millions d’euros de chiffre d’affaires 2023, 400 salariés).
Trois options en suspens
Trois options se dessinent désormais pour l’avenir de Gaussin. Le tribunal a fixé une période d’observation de six mois au dirigeant. «La direction souhaite présenter un plan de continuation de l’activité avec l’objectif de racheter des stocks et reprendre la fabrication à Héricourt pour livrer nos clients. ChristopheGaussin s’y attèle», insiste le porte-parole. Le site d’Héricourt réalisait par le passé la production des engins logistiques et dispose, selon le représentant, des compétences et de l’espace nécessaires pour reprendre cette activité.
En parallèle de ce plan, qui devrait être présenté dans les plus brefs délais, le tribunal de commerce de Vesoul a lancé, par anticipation, un appel à candidature pour une reprise éventuelle. Les offres devront être remises avant le 4 novembre. Après examen de la viabilité du plan de continuation d’activité, le tribunal pourra placer sa confiance dans l’équipe dirigeante actuelle ou opter pour un repreneur potentiel... à moins de rejeter les deux alternatives et décider de la liquidation de Gaussin.
Garder confiance
«Nous n’avons pas de concurrence directe, car nous avons anticipé l’électrification des engins depuis dix ans. Des clients comme UPS, Amazon ou Wallmart nous ont fait confiance autour d’une technologie attendue et qui marche», assure, confiant, le porte-parole. Conscient que pour l’heure, tous les acteurs sont en phase d’observation : «Le challenge c’est de convaincre nos clients de confirmer leurs commandes.»
De son côté, Nathalie Pelissard, membre du CSE, se dit elle aussi «confiante» pour l'avenir de l'entreprise. «Tout le monde reste mobilisé. Nous avons appris des six premiers mois, nous avons eu le temps de nous organiser. Maintenant, nous serons dans l'action» a-t-elle assuré sur le site de France Bleu. Le temps est compté.



