«Prêt pour le vol ?» La remarque peut surprendre alors que nous sommes assis dans un bateau au milieu du lac d’Annecy (Haute-Savoie). Pourtant, quelques instants plus tard, le capitaine accélère et l’embarcation s’élève à une cinquantaine de centimètres au-dessus des eaux turquoise. De la science-fiction ? Non, il s’agit du taxi volant de la société SeaBubbles, installée à Saint-Jorioz. Du 1er juillet au 31 août, cette dernière effectuera deux fois par jour la navette entre Annecy et la ville de Veyrier-du-Lac, sur la rive d’en face, moyennant neuf euros par passager. Une première ligne pilote pour l’entreprise qui revendique «zéro vague, zéro bruit et zéro émission».
Fonctionnant avec une propulsion électrique, la capsule se soulève à partir d’une vitesse de six nœuds (une dizaine de kilomètres par heure) grâce à ses foils, des appendices en carbone placés sous la coque. «Cette innovation ne sert pas à faire joujou, explique Virginie Seurat, la directrice générale de SeaBubbles. Au-delà de la sensation de vol, cela permet de consommer 35% à 40% d’énergie en moins en limitant au maximum les frottements avec l’eau». De quoi gagner en puissance et atteindre une autonomie d’utilisation supérieure à deux heures.
Le design de l’embarcation, qui rappelle la DeLorean de la saga Retour vers le Futur, est un parti-pris assumé. «Faire changer les usages passe aussi par l’expérience client», assure Virginie Seurat, arrivée aux manettes l’an passé et qui a œuvré à lever toutes les barrières à l’exploitation à Annecy, de l’aspect légal à l’électrification des pontons. Des enjeux qui s’ajoutent à tous les remous qu’a connus ce projet jusqu’à présent.
Un modèle à hydrogène dans les tuyaux
Fondé en 2016 à Paris notamment par le navigateur Alain Thébault, SeaBubbles est racheté en décembre 2020 par le fonds d’investissement lyonnais Mediapps Innovation. À la suite de désaccords stratégiques, l’entrepreneur prend le large et une nouvelle direction arrive à bord avec une nouvelle feuille de route. Grâce à un financement de 8 millions d’euros de Bpifrance, l’entreprise passe de 5 à 25 collaborateurs et développe, en plus du bateau originel de quatre places, un nouveau modèle de douze places équipé d'une pile à combustible à hydrogène, aujourd’hui en phase finale de test.

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L’expérience annécienne de cet été fait ainsi figure de galop d’essai pour l’entreprise. «Nous recevons beaucoup de demandes d’agglomérations et sommes en pourparlers avec des clients au Moyen-Orient, aux Pays-Bas ou aux États-Unis», affirme Virginie Seurat. Capable de naviguer sur un fleuve ou un lac, SeaBubbles vise aussi bien les marchés de la mobilité grand public que du haut de gamme, pour des hôtels de luxe par exemple.
Une levée de fonds de plusieurs millions d’euros est d’ailleurs en préparation afin de passer à la phase d’industrialisation et de produire, à partir de 2027, une centaine de bateaux par an. Un marché en devenir où les acteurs émergent progressivement, comme Navier aux États-Unis ou, surtout, la start-up suédoise Candela qui a déjà bouclé un financement de plus de 40 millions d’euros. À SeaBubbles de ne pas rater la vague.



