La technologie prometteuse de Nanobiotix dans le traitement de cancers

L’entreprise française Nanobiotix vient de publier des résultats encourageants pour sa technologie et le traitement de tumeurs solides. Elle était utilisée pour la première fois utilisé en immuno-oncologie, en association avec deux molécules actives.

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Le NBTXR3 de Nanobiotix, spécialiste français de la nanomédecine, vient d'enregistrer des résultats prometteurs en immonuthérapie.

C’est peut-être le début d’une avancée majeure dans le domaine du traitement de cancers. Nanobiotix, spécialiste français de la nanomédecine, vient de présenter des résultats très encourageants pour sa technologie.

Dans un essai clinique de phase I/II, l’utilisation de son produit NBTXR3 en association avec deux molécules anticancéreuses et avec la radiothérapie a permis d’obtenir des résultats inédits, avec 80% de patients enregistrant des régressions tumorales, au lieu de 15 à 20% habituellement dans ce contexte.

Super-absorbeur

Le NBTXR3 est un produit injectable directement dans les tumeurs solides, en une seule injection. Composé de nanoparticules d’oxyde d’hafnium, il est inerte mais est activité par radiothérapie, utilisée dans une très grande partie des traitements de cancers. Les rayonnements permettent d’attaquer les tumeurs mais affectent aussi les tissus sains. Mais le NBTXR3 fonctionne comme un super-absorbeur et permet d’augmenter l’absorption d’énergie de la radiothérapie pour maximiser les dégâts dans les cellules tumorales et de réduire l’impact sur les tissus sains. Ce produit se classe dans la catégorie des radioenhancers, Nanobiotix estimant qu’il est même probablement le premier de sa catégorie.

Taux de réponse de 80%

Utilisé dans une quinzaine d’essais cliniques, dont six menés à terme avec des résultats positifs, le NBTXR3 vient aussi de démontrer son efficacité dans un septième essai. Sauf que contrairement aux autres essais, conduits uniquement avec de la radiothérapie, il a pour la première fois été testé avec radiothérapie et en association avec deux molécules d’immunothérapies, cet axe thérapeutique innovant et très prometteur permettant de stimuler les défenses immunitaires contre les tumeurs.

"L’immunothérapie dans le traitement du cancer est une révolution de ces dernières années, et permet désormais à des patients de ne plus mourir. Mais une petite partie des patients seulement répondent aux traitements, autour de 20%", souligne Laurent Lévy, PDG et fondateur de Nanobiotix. Or, dans cet essai, le taux de réponse a atteint plus de 80%.

Nouvelles perspectives

Mené aux Etats-Unis, l’essai a permis d’engendrer une régression tumorale pour huit patients sur un total de neuf, atteints d’un cancer de la tête et du cou. De plus, sur ces neuf patients, sept n’avaient jamais répondu à un traitement d’immunothérapie : cette fois six de ces non-répondants ont enregistré des progrès. Ce qui prouverait que le NBTXR3 permettrait de considérablement améliorer, en plus de l’efficacité de la radiothérapie, l’efficacité de l’immunothérapie, en amorçant une vraie réponse immunitaire dans ce contexte.

Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives à Nanobiotix, d’autant que le NBTXR3 "peut fonctionner avec toutes les molécules", indique Laurent Lévy. Lequel évoque de multiples collaborations avec des partenaires industriels pour faire avancer le développement de son portefeuille de produits de nanomédecine, destinés à améliorer les traitements dans le domaine des cancers, mais aussi avec des perspectives dans le système nerveux central, comme les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.

Fondée en 2003 via un spin-off de l’université américaine de Buffalo (New-York), Nanobiotix est basé à Paris, avec des filiales à Madrid (Espagne), Munich (Allemagne) et Cambridge (Etats-Unis), et recense 110 salariés. Depuis 2017 la société dispose d’un site de production hébergé au Biopark de Villejuif (Val-de-Marne). Après 17 ans et 195 millions d’euros levés, Nanobiotix a obtenu sa première autorisation de mise sur le marché, en Europe, pour Hensify, son programme pour l’utilisation du NBTXR3 dans le sarcome des tissus mous. Centrée sur le développement de nanoparticules pour traiter les cancers, l’entreprise travaille notamment sur les domaines des cancers solides, comme ceux de la tête et du cou, du foie, de la prostate ou encore du sein.

En 2019, Nanobiotix avait enregistré un total de produits d’exploitation de 2,5 millions d’euros, pour une perte nette de 50,9 millions d’euros. Lors de la présentation de ses résultats du troisième trimestre, elle disposait au 30 septembre 2020 d’une trésorerie de 42,4 millions d’euros, jugée suffisante pour assurer sa continuité d’exploitation pour les 12 prochains mois.

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