La deeptech C12 Quantum Electronics inaugure sa première ligne de production de puces quantiques à Paris

Créée en 2021, la start-up C12 Quantum Electronics a inauguré le 27 octobre sa première ligne de production, à deux pas du Panthéon (Paris 5e). Représentant un investissement de près de 9 millions d’euros, cette «fab quantique» doit permettre à la deeptech d’accélérer le développement de sa puce. 

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Salle blanche C12 Quantum Electronics
La salle blanche de C12 permet à la start-up de fabriquer ses puces de bout en bout à Paris.

Combien d’entreprises peuvent se targuer d’avoir une ligne de production en plein cœur de Paris, à deux pas du Panthéon ? La pépite du quantique C12 Quantum Electronics en fait partie. Le choix n’a pas été fait par coquetterie : au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, dans le cinquième arrondissement, le site inauguré le 27 octobre dispose d’un profond sous-sol qui isole des vibrations et des perturbations électromagnétiques les délicats procédés de fabrication de la puce quantique de la start-up.

Ses nouveaux locaux – 800 m² sur trois niveaux, dont une salle blanche de 120 m² – ont nécessité un investissement total d’un peu moins de 9 millions d’euros, partiellement soutenus par le plan France 2030 et la Région Île-de-France, qui a financé C12 à hauteur de 1,5 million d’euros depuis sa création en 2021. «Nous avons fait le choix stratégique d’investir tôt pour maîtriser toutes les étapes de notre chaîne de production, indique Pierre Desjardins, cofondateur de l’entreprise avec son jumeau Matthieu. Cela nous permet d’itérer très rapidement d’une génération de puce à l’autre.»

Des techniques de fabrication ultra-précises… et secrètes

Au pied d’un long escalier à colimaçon, la production se niche dans les deux sous-sols du bâtiment. Toute la fabrication de la puce quantique y est rassemblée : la fabrication des nanotubes de carbone 12 (sur lesquels sont basés les qubits de la start-up, qui en tire son nom) ainsi que celle de la puce de silicium sur laquelle ils sont disposés. Installée depuis mars et bientôt 100% opérationnelle, la chaîne de fabrication met en œuvre des techniques de pointe.

La synthèse chimique des nanotubes, 100 000 fois plus fins qu’un cheveu, ne fait pas l’objet d’un brevet «mais d’un secret de fabrication bien gardé», glisse Pierre Desjardins. La sélection des qubits de meilleure qualité se fait par la combinaison de deux méthodes optiques – afin d’en mesurer notamment le diamètre, la conductivité ou encore les défauts dans leur structure atomique. L’assemblage des nanotubes sur la puce, lui, est fait par des nanorobots dans une chambre à vide. Une étape «complètement automatisable» à la précision folle, note l’entrepreneur : «Cela équivaut à placer un cheveu sur une puce de la taille de Paris, à quelques rues près», illustre-t-il.

A l’étage – sur le côté de l’open space où travaille une partie des 35 salariés de la start-up – deux cryostats permettent d’opérer les puces. L’un accueille deux puces de 2 qubits chacune et l’autre, plus massif, peut mettre en œuvre une puce de 100 qubits. Représentant à eux seuls plus d’un million d’euros d’investissement, les deux engins dénotent l’ambition de la start-up : faire passer à l’échelle supérieure sa technologie unique, pour s’imposer face aux autres approches. «Une fois que le processus de fabrication du silicium a été inventé, tous les autres matériaux envisagés pour l’électronique ont été abandonnés», rappelle Pierre Desjardins. La concurrence est prévenue.

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