L’Institut de recherche technologique (IRT) Jules Verne a inauguré le 13 février 2020, au sein du Technocampus Composites de Nantes (Loire-Atlantique), sa ligne Madras, destinée à la fabrication automatisée de préformes composites textiles.
Ce démonstrateur de 18 mètres de long, s’inscrit dans le cadre du projet Wing. Lancé en avril 2017, ce partenariat piloté par l’IRT Jules Verne, en collaboration avec Airbus, Fives Machining et Loiretech, mobilise 5,6 millions d’euros pour faire émerger un nouveau procédé de mise en œuvre de matériaux composites textile grandes cadences, cinq à six fois plus rapide que les technologies existantes. A elle seule, la ligne représente un investissement de 1,2 million d’euros. "L’enjeu consiste à produire des pièces de grande dimension et de géométrie complexe à un coût compatible avec les contraintes économiques de l’industrie, notamment dans les secteurs de l’aéronautique", résume Marie Weiss, chef de projet à l’IRT Jules Verne.
Emmanuel Guimard Trois îlots robotisés
La ligne s’organisera en trois îlots robotisés dédiés respectivement au drapage, au préformage rapide (qui reste à installer) et au placement de fibres. L’objectif est d’atteindre à terme une vitesse de dépose de 300 millimètres/seconde et de 150 kilos/heure (contre 15 kilos actuellement), et de prouver la viabilité technique de cette solution par une série d’essais à l’échelle 1. Les machines développées par Fives Machining, fixées sur des bras robotisés Kuka, doivent permettre une dépose de fibre sur une largeur et une épaisseur quatre fois supérieures à l’existant.
La PME nantaise Loiretech a, pour sa part, développé des outillages spécifiques qui permettent d’abaisser les temps de cycle de préformage. "Cette technologie va intéresser toutes les filières industrielles qui travaillent sur des pièces légères et de grandes dimensions : énergie traditionnelle et renouvelable, mais aussi la filière transport au sens large, qu’il s’agisse de l’aéronautique, de l’automobile ou de la construction navale", détaille Marie Weiss, chef de projet à l’IRT Jules Verne. Le procédé présente en outre l’avantage de limiter le taux de chutes de matière et les déchets. De 100 % sur des pièces de voilure actuellement (ce qui signifie autant de déchet que de matière employée), il passerait à seulement 5 %, ce qui représente, selon Airbus, des millions d’euros d’économies annuelles sur le futur programme A 320.



