« Un point d’inflexion. » Après dix ans de recherches sur la simulation des mécanismes de dégradation des batteries au sein du laboratoire CEA-Liten, à Chambéry (Savoie), il s’agit désormais pour la start-up PowerUp, fondée en 2017, « d’industrialiser les solutions et de s’internationaliser », explique Abdelkrim Benamar. Chevronné des télécoms, cet ingénieur a pris la tête de la pépite fin 2021 pour la faire grandir. Et pour accélérer la commercialisation de ses solutions d’analyse des batteries au lithium, qui combinent modélisation du vieillissement électrochimique et algorithmes d’apprentissage. Un type d'intelligence artificielle.
Le cloud à l'assaut des flottes de bus et du stockage
Dans le détail, PowerUp utilise les données des batteries en fonctionnement pour en prédire la charge, l’état de santé et la durée de vie... et pour alerter en cas de risque de sécurité. De quoi éviter les accidents et optimiser le dimensionnement et l’utilisation de ces dispositifs électrochimiques voués à se multiplier, promet la start-up.
Après s’être positionnée sur les batteries de secours qu’elle ausculte via un boîtier électronique (déjà testé pour les alarmes du Crédit agricole et les réseaux d’Enedis), elle a sorti en septembre une solution cloud pour s’attaquer à deux « gros marchés en devenir » : d’abord les parcs de batteries stationnaires pour stocker l’énergie, puis les flottes de bus électriques. Autrement dit, elle cible les gestionnaires d’importants projets, considérés comme plus capitalistiques et rémunérateurs que les clients propriétaires de véhicules individuels, dont l’acquisition a été jugée fastidieuse et coûteuse en marketing.
PowerUp, qui a récolté 7 millions d’euros en deux levées de fonds, dont l’une menée par EDF Pulse, emploie 25 personnes et a enregistré un chiffre d’affaires de 800 000 euros en 2021, et autant en 2022.
Les challengers
• T4U. L’éditeur français commercialise depuis 2022 l’application My Battery Health pour analyser rapidement l’état de santé des batteries des véhicules électriques de particuliers. De quoi se positionner sur le marché de l’occasion où d’autres acteurs, comme Moba (ex-La belle batterie), proposent des boîtiers de diagnostic.
• Twaice. La start-up allemande issue de l’université technique de Munich en 2018 simule la durée de vie des batteries dès leur conception et suit leur santé via un jumeau numérique. Elle a déjà levé 45 millions de dollars.
• Titan AES. Pour fiabiliser ses résultats, cette pépite américaine née en 2016 combine capteurs à ultrasons et algorithmes pour ausculter les batteries.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3711 - Octobre 2022



