Malgré les nombreux obstacles imposés par la pandémie de Covid-19, la robotisation des usines dans le monde a continué sa course à bon train. C’est la principale leçon de l’édition 2021 du World Robotics Report, qui compile les chiffres concernant l’installation de robots industriels dans le monde, récoltés chaque année par la Fédération internationale de robotique (IFR). Paru jeudi 28 octobre, le rapport portant sur l’année 2020 vient confirmer la bonne santé du secteur, qui compte désormais 3 millions de robots industriels en opération dans le monde et signe sa troisième meilleure année. Une croissance qui devrait être relancée de plus belle par la reprise de l’activité, estime déjà l’IFR.
La Chine loin devant
Au-delà des chiffres globaux - une faible croissance de 0,5% des ventes de robots, pour atteindre 384 000 unités livrées en 2020 - les dynamiques régionales ne laissent aucun doute sur la prééminence de l’Asie, où ont été installés 71% des nouveaux arrivants ! Sans surprise, la Chine - qui avait déjà dépassé la France en nombre de robots installés par habitant l’année précédente - mène la danse. Malgré la pandémie, le géant asiatique a installé 168 500 robots l’année dernière. Cela représente une augmentation de 20% par rapport à 2019, qui confirme la rapide modernisation de l’industrie du pays. La Chine cherche aujourd’hui à se positionner comme constructeur des robots du monde entier.
Viennent ensuite le Japon, second marché du monde avec 38 500 robots installés en 2020 (en baisse de 23%), les Etats-Unis puis la Corée du Sud, respectivement en baisse de 8 et 7%, mais au-dessus des 30 000 nouvelles machines.
L’Europe derrière…
Le Vieux Continent brille moins et connaît sa deuxième année de baisse (-8%) du nombre d’installations de robots dans les usines, à 67 700 unités. Une dynamique s’expliquant principalement par la petite forme du secteur automobile, client habituellement friand d’automatisation. Dans ce secteur, l’installation de nouveaux robots diminue de 20% en 2020 par rapport à l’année précédente.
Premier pays européen dans le classement global, l’Allemagne se maintient très bien et totalise 22 300 robots installés en 2020, en hausse de 8%. Pour modérer ces bons chiffres, l’IFR souligne la place grandissante des robots à bas coût outre-Rhin. Derrière, l’Italie affiche 8 800 robots installés (-23%), suivie de la France avec 5 400 unités (-20%). Le Royaume-Uni, lui, totalise 2 200 installations, en hausse de 8%, porté par l’automobile et l’agroalimentaire… mais aussi le manque de main-d'œuvre.
Pour l’Hexagone, la baisse engendrée par la suite du Covid-19 vient mettre un terme à une croissance forte et ininterrompue depuis 2013. L’Hexagone n’avait alors installé que 2 200 robots, contre 6 700 à son pic, en 2019. Au total, le stock de robots en opération reste en hausse de 7%, à 44 800 machines dont un tiers concernent l’industrie automobile.
Le demi-million en vue
Le parc installé devrait encore croître dans les années qui viennent, notent les experts de l’IFR. Ils citent les divers plans de modernisation de l’industrie et les applications dans l’agroalimentaire, le travail du métal, la chimie et la pharmacie comme autant de secteurs porteurs pour la robotisation. Au point que « le marché de la robotique en France devrait connaître une croissance à deux chiffres en 2021, et se rapprocher des 6700 installations par an en 2023 et 2024 », note le rapport.
Cette nouvelle vague de robotisation devrait d’ailleurs être mondiale. « Les installations de robots dans le monde devraient fortement rebondir et connaître 13% de croissance pour atteindre 435 000 unités en 2021, dépassant ainsi le niveau record atteint en 2018 », explique le président de l’IFR, Milton Guerry. Confiante dans le futur de l’automatisation, l’institution prévoit que la barre du demi-million sera atteinte d’ici à 2024.



