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[L'industrie c'est fou] Découvrir les secrets des fonds marins grâce à un appareil photo sans batterie

Des ingénieurs du MIT ont développé un appareil photo sous-marin capable de fonctionner sans batterie et sans fil. Rechargé par les ondes sonores maritimes, l'appareil peut rester immergé plusieurs semaines et aider les scientifiques à mieux connaître les océans.

Appareil photo sans batterie
Cet appareil photo contient des matériaux piézoélectriques, capables de transformer les vibrations des ondes sonores en courant électrique.

«À l’heure où les humains ont les yeux rivés sur Mars, seulement 20% des fonds marins ont été explorés, alors qu'ils couvrent 71% de la surface de la planète», regrettait Audrey Azoulay, directrice générale de l'Unesco, à l'occasion d'un événement consacré à leur préservation début février. L'institution exhorte les gouvernements à intensifier leurs recherches sur le sujet, car la méconnaissance des océans risque notamment d'entraver la lutte contre le dérèglement climatique.

L'occasion de mettre en lumière une équipe d'ingénieurs du MIT qui affirme avoir trouvé le moyen de percer une partie des secrets des abysses : un appareil photo sans batterie, sans fil et sans émission d'ondes. Présentés dans la revue Nature fin septembre, leurs travaux montrent qu'il est possible de faire fonctionner une caméra en l'équipant d'un transducteur fabriqué avec des matériaux piézoélectriques. Ces derniers sont en mesure de produire un courant électrique à partir des ondes sonores renvoyées par la faune marine ou par des embarcations humaines. De quoi stocker dans un supercondensateur jusqu'à quelques centaines de microwatts, une puissance très faible, mais suffisante pour tirer le portrait des créatures maritimes.

Un capteur limité aux nuances de gris

Afin de réduire la consommation d'énergie au maximum, les ingénieurs ont opté pour un capteur limité aux nuances de gris, mais sont néanmoins parvenus à obtenir des images en couleur à l'aide de trois diodes bleue, rouge et verte. En les activant l'une après l'autre, ils ont pris trois clichés avec un éclairage différent, qu'ils ont ensuite recombinés en post-traitement pour n'en former qu'un seul.

Avant de pouvoir retravailler les photographies, encore fallait-il les recevoir. Dans l'incapacité d'utiliser les méthodes de transmission traditionnelles, l'équipe du MIT a eu recours à un processus de rétrodiffusion sous-marine. Depuis la surface de l'eau, ils ont envoyé des ondes sonores vers l'appareil, qui les a réfléchies, ou non, selon un ordre précis. Il suffisait ensuite de décrypter le code binaire pour retrouver l'image issue du fond des océans. Enfin, un fond pas si profond, puisque l'appareil devait se situer à moins de 40 mètres de l'émetteur pour que le dispositif soit efficace... Les ingénieurs responsables du projet espèrent néanmoins améliorer sa performance au plus vite. Ils estiment qu'une caméra immergée jusqu'à plusieurs semaines promet déjà de belles découvertes scientifiques.

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