« L’Europe a la capacité de maîtriser la technologie des supercalculateurs », affirme le président du Forum Teratec

L’Europe accélère sa course dans le calcul intensif avec l’ambition de disposer à partir de 2023 ses supercalculateurs à technologie européenne. Un effort que le président du Forum Teratec salue.

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Daniel Verwaerde
Daniel Verwaerde, président du Forum Teratec.

Le calcul intensif sera au cœur du Forum Teratec qui se tient en virtuel du 22 au 24 juin 2021. «C’est plus que stratégique, affirme à L’Usine Nouvelle Daniel Verwaerde, le président de Forum Teratec, en amont de l’événement. C’est vital pour l’avenir de l’Europe. On n’en fait pas encore assez.»

Dans le Top 500 des supercalculateurs les plus puissants au monde, publié en novembre 2020,  l’UE détient 63 machines et la France 18. L’Europe occupe deux des dix premières places : la septième avec une machine du centre de recherche FZJ en Allemagne et la huitième avec une machine de l’entreprise d’hydrocarbures Eni en Italie. Les six premières places sont prises par le Japon, les Etats-Unis et la Chine.

Le compte n'y est pas pour l'Europe

«Le Top 500 fournit une vision restreinte du calcul intensif, tempère Daniel Verwaerde. C’est plus une mesure de la compétition  internationale que de l’utilisation du calcul intensif. Tout le monde peut faire une machine en tête du classement. Les Japonais l’ont fait, les Chinois aussi. Mais ces machines sont restées souvent au stade de la démonstration, sans impact réel d’utilisation. L’indicateur le plus pertinent est le nombre de machines possédées par un pays en fonction de son poids économique mondial. La France représente 2% du poids mondial. Il serait bon qu’elle possède au moins 10 machines. L’Europe pèse 30 % dans l’économie mondiale. Il serait bon qu’elle ait au moins 150 machines.»

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Si le compte y est pour la France, il n’y est pas pour l’UE. C’est pour rattraper le retard européen que l’initiative EuroHPC a été lancée. Elle s’est traduite par la création en 2018 de la coentreprise EuroHPC par 22 pays membres, dont l’Allemagne, la France, l’Espagne et l’Italie. Objectif : acquérir huit supercalculateurs, dont trois pré-exaflopiques : un en Espagne, un en Italie et un en Finlande. Le coût d’acquisition est financé à moitié par EuroHPC et à moitié par le pays d’accueil. Daniel Verwaerde salue cette initiative. «L’effort européen le plus important dans le calcul intensif est porté par EuroHPC, souligne-t-il. Deux supercalculateurs ont été déjà livrés dans le cadre de cette initiative, l’un au Portugal, l’autre à la Slovénie. L’impact de ce plan se verra dans le Top 500 de novembre 2022 quand les trois machines d’environ 200 petaflops auront été installées en Espagne, en Italie et en Finlande.»

Le processeur européen en développement par SiPearl

EuroHPC a bénéficié d’un budget de 1,1 milliard d’euros entre 2018 et 2020. La Commission européenne propose de porter l’effort à 8 milliards d’euros entre 2021 et 2033. L’objectif est d’accélérer la course avec l’ambition de maîtriser les trois technologies des supercalculateurs : le processeur, le coprocesseur et le réseau d’interconnexion. Car si l’Europe dispose d’un constructeur, le français Atos, elle dépend pour ces trois composants clés de fournisseurs américains : Intel et AMD pour le processeur, Nvidia et AMD pour le coprocesseur, et Mellanox pour le réseaux d’interconnexion. La start-up SiPearl planche déjà sur le processeur, tandis que le coprocesseur est en développement au sein du consortium européen EPI. La moitié des machines à acquérir en Europe à partir de 2023 devront être à technologies européennes. «Je suis confiant dans la capacité de nos ingénieurs et industriels à construire cette machine européenne, prévoit Daniel Verwaerde. Cela relève davantage de l’organisation et de la méthode que de la science. L’Europe a la capacité de le faire.»

Aujourd’hui, l’Europe représente  30 % du marché mondial des supercalculateurs mais n’en détient que 6 %. L’objectif est de porter sa part à 30 % en 2025 en vendant autant de machines qu’elle en achète. EuroHPC prévoit, dans une deuxième phase à partir de 2023, l'acquisition de deux machines dont une à technologie européenne. La France et l'Allemagne sont candidates à l'accueil de ces deux machines.

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