L'État débloque 100 millions d'euros pour les territoires confrontés aux mutations de la filière automobile

Le gouvernement a annoncé lundi 1er août le lancement d'un appel à manifestation d'intérêt destiné à accompagner les territoires faisant face aux transformations de la filière automobile. Doté d'une enveloppe de 100 millions d'euros, celui-ci prévoit le déploiement d'un appui en ingénierie et une accélération des investissements industriels.

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usine automobile Toyota Onnaing
Face aux défis de la transition électrique, de nombreux équipementiers et sous-traitants automobiles sont inquiets pour leur avenir.

Dévoilé mi-décembre, le plan du gouvernement pour accompagner la filière automobile se précise. Après avoir déjà promis 300 millions d'euros aux sous-traitants afin de les aider à se diversifier, l'État veut désormais épauler les territoires confrontés aux mutations de cette industrie. Des changements aussi importants que rapides, puisque la Commission européenne prévoit de bannir les véhicules à moteur thermique dès 2035. Pour atteindre d'ici à 2030 l'ambitieux objectif de deux millions de véhicules électriques et hybrides produits chaque année sur le territoire, tous les acteurs du secteur devront se mobiliser.

Les régions les plus affectées par ces transformations pourront ainsi solliciter un soutien, via un appel à manifestation d'intérêt baptisé «Rebond industriel». « L’enveloppe de 100 millions d’euros qui lui est allouée, répartie en 10 millions d’euros de soutien en ingénierie et 90 millions d’euros de soutien aux investissements industriels, permettra d’accompagner une dizaine de territoires par an jusqu’en 2026 (à raison d’une relève tous les 4 mois) », précise le communiqué du ministère de l'Économie. Les projets créateurs d’emplois et s'inscrivant dans une démarche de transition écologique seront favorisés. Opéré par la Banque des Territoires pour son volet ingénierie et par Bpifrance pour son volet financement, ce dispositif a été ouvert lundi 1er août et devrait durer jusqu'au 1er octobre 2026.

Un marché ravagé

« Pour accompagner les territoires les plus exposés aux bouleversements des chaînes de valeur de certaines filières, dans l’automobile notamment, nous faisons le choix de nous appuyer sur une intervention concentrée, simplifiée et intégrée qui met de nouveaux moyens à disposition des acteurs locaux, commente Roland Lescure, ministre délégué chargé de l’Industrie. Le dispositif Rebond industriel doit leur permettre d’identifier et d’accélérer de nouveaux projets industriels créateurs de valeur, de sorte que l’industrie reste une perspective d’avenir pour ces territoires ».

Cette annonce intervient dans un contexte déjà bien compliqué pour la filière. Miné par le Covid-19, les pénuries de semi-conducteurs et la guerre en Ukraine, le marché automobile français a enregistré en juillet son quatorzième mois consécutif de baisse annuelle. Si la plupart des constructeurs résistent tant bien que mal à ces crises en augmentant leurs prix, certains petits équipementiers et sous-traitants sont bien plus inquiets quant à leur avenir. Fin décembre, la Plateforme automobile estimait ainsi que « la filière automobile française perdrait 15% à 30% de ses effectifs de production dans la transition électrique ».

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