[L’aéro-post] Les avions électriques Made in France volent aussi au blé

Les petits avions électriques peinent à se financer en France, quand leurs concurrents à l'international obtiennent le soutien de leurs Etats. L'aéro-post, la chronique d'Olivier James, grand reporter aéro-spatial de L'Usine Nouvelle.

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Avion hybride Voltaero Cassio 1
Avec sa future gamme d'avions hybrides électriques Cassio, VoltAero veut propulser l'aviation dans une nouvelle ère. L'Etat sera-t-il de la partie?

VoltAero donne à voir ce à quoi l’aviation légère de demain pourrait ressembler. L'entreprise s’est lancée dans l’aventure de l'avion électrique dès 2017. Aujourd’hui, la start-up démontre sa viabilité : son démonstrateur d’avion régional hybride électrique Cassio 1 effectue un Tour de France, du 5 au 11 juillet, avec Lorient pour point de départ et Rochefort comme ville d’arrivée, soit un parcours de 2600 km et 28 heures de vol. Une usine doit voir le jour en Aquitaine dès 2023 pour produire toute une famille d’avions Cassio – de 4 à 10 places – avec une capacité de 150 appareils par an, représentant 100 emplois directs.

Si VoltAero constitue le projet d’avion électrique le plus avancé en France, l’entreprise n’est pas la seule sur ce créneau. On trouve aussi Aura Aero, Ascendance Flight Technologies, Avions Mauboussin… Autant de très petites entreprises qui sont en train de révolutionner l’aviation et d’offrir une avancée tangible sur le chemin d'un avion zéro émission. Une multiplication récente d’initiatives qui reflète la frénésie mondiale en la matière, en particulier aux Etats-Unis : des centaines de projets ont éclos dans le monde ces dernières années, visant un marché allant de l’aviation privée au transport régional.

Des acteurs en manque de fonds

Nation aéronautique, la France a sans aucun doute une carte à jouer. Jean Botti, ex-directeur de l’innovation d’Airbus, est désormais à la tête de VoltAero et son ancienne équipe a essaimé dans de nombreux projets d’avions électriques. Ces aéronefs pourraient en outre constituer une parade à l’interdiction des vols d’avions sur les courtes distances : ils contribueraient peut-être à redessiner le modèle économique du trafic aérien intérieur, en proposant des vols de quelques centaines de kilomètres et redonnant de l'espoir aux petits aéroports…

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Dans le document publié en juin 2020 lors de l’annonce du plan de relance dédié à l’aéronautique de 15 milliards d’euros, le gouvernement l’assurait haut et fort : "Nous agirons dans trois directions avec un seul objectif : produire en France les avions et les hélicoptères propres de demain pour rester une nation leader de l’aéronautique dans le monde". Pour le moment, ces projets ont surtout été aidés par les régions.

"J’ai reçu de belles lettres d’encouragement, mais jamais rien de concret de la part de l’Etat", regrette l’ancien directeur de l’innovation d’Airbus, à la tête de VoltAero. Alors que de nombreux projets concurrents ont accès à des financements massifs, les acteurs français sont à la peine pour séduire l’Etat, malgré les aides du plan de relance, et les investisseurs privés. Pour peu que le segment de l’aviation régionale électrique décolle, ils peuvent pourtant espérer se faire une place au soleil. Le pari vaut d’être tenté.

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