Le Covid-19 n’aura pas raison des projets d’électrification des avions ! C’est la conviction de Jean Botti, le PDG de la start-up française VoltAero, basée à Médis (Charente-Maritime), qui depuis 2017 développe un projet d’avion hybride électrique de petite dimension. Alors que la start-up vient de dévoiler début mai la configuration de production de l’appareil, le dirigeant assure à L'Usine Nouvelle que le projet est plus que jamais sur les rails.
"La production de notre appareil va démarrer avec environ un an de retard, précise le dirigeant, contacté mardi 12 mai. Elle devrait débuter vers fin 2022, début 2023, dans une usine qui sera située en Nouvelle-Aquitaine. Ce retard est dû à la fois au coronavirus et à des difficultés imprévues dans le développement du démonstrateur Cassio 1."
Ce projet, porté par l’ex-patron de l’innovation d’Airbus et dont il existera trois versions (4, 6 et 10 sièges), subit un décalage de son calendrier industriel mais n’est pas compromis malgré les difficultés du secteur aéronautique. "Nous devions aussi effectuer le 24 mars dernier le premier vol de la version 4 places de notre démonstrateur, explique Jean Botti. Ce vol sera effectué finalement fin juillet, mais avec la version 10 places." Il s’agit du même appareil, mais avec un module hybride situé à l’arrière d’une puissance de 600 chevaux. "Nous avons eu la chance d’obtenir de la part de la DGAC et de la mairie de Royan l’autorisation d’effectuer des vols d’essais pour faire avancer le projet durant le confinement", détaille Jean Botti.
Des ambitions intactes

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Malgré le décalage, l’ensemble des objectifs de ce projet – représentant un investissement global de 70 millions d’euros – reste d’actualité. A savoir : un appareil hybride avec trois heures et demie d’autonomie, une vitesse de croisière de 360 km/h et un rayon d’action de 1 200 km. Soit un marché d’environ 2 000 avions à l’échelle mondiale. Suivant ses versions, ce mono moteur a une puissance combinée de sa propulsion hybride-électrique allant de 330 à 600 kilowatts. Le projet tire sa légitimité de l’expérience de son équipe, constituée d’une douzaine de personnes dont la moitié issue de l’ex-projet d’Airbus E-Fan, ainsi que de celle de ses différents partenaires (Safran, Aéro Composites Saintonge, Solution F…).
L’épidémie de coronavirus, et son impact sur les comportements des passagers, pourrait d'ailleurs constituer une opportunité pour l’appareil Cassio, assure Jean Botti. "Je suis convaincu que cet épisode d’épidémie que nous vivons va favoriser des projets de petits avions hybrides comme le nôtre, considère le PDG de VoltAero. Les gens vont vouloir voyager autrement, avec des appareils qui font moins de bruit, sur de plus courtes distances, via des aéroports moins fréquentés… Notre projet représente l’aviation régionale du futur." En pleine crise du secteur aéronautique, l’ambition de VoltAero reste plus que jamais de permettre à la filière hexagonale de se faire une place dans un marché jusque-là dominé par les Américains et les Chinois.



