Réinventer la formation aux gestes techniques grâce à la réalité augmentée n’est pas une idée nouvelle. Mais l’entreprise espagnole Seabery se targue d’être la seule au monde à proposer aux industriels une solution de formation sur-mesure pour leurs soudeurs professionnels. Appelée Welding Pro, elle doit recevoir l’un des huit prix d’innovation décernés par les organisateurs du salon Global Industrie, qui se tient du 11 au 14 mars à Lyon.
«Notre première solution est un simulateur de soudage pour apprendre à souder et destiné au monde de la formation, rappelle Jorge Carrasco, responsable régional pour l’Europe méditerranéenne et le Benelux chez Seabery. Mais rapidement, des sociétés privées ont manifesté leur intérêt, avec des demandes spécifiques. D’où cette nouvelle solution présentée à Global Industrie et qui permet une formation sur-mesure dédiée à une application précise.»
Développer une mémoire musculaire
Welding Pro est donc destinée aux soudeurs professionnels déjà formés. L’intérêt pour eux ? «Ils peuvent avoir besoin de se former sur une nouvelle technologie de soudage ou d’améliorer leurs performance sur un exercice très spécifique», répond Jorge Carrasco. Ici, c’est l’entreprise cliente qui vient voir Seabery avec une problématique. En réponse, l’éditeur va lui faire un devis qui comprend un simulateur entièrement développé pour le projet en question et un nombre de pièces plastiques (imprimées en 3D) défini selon le nombre d’heures de pratique souhaitées.
«On va répliquer tous les paramètres techniques de la pièce afin que celle d’entraînement soit exactement la même que celle réelle, décrit Jorge Carrasco. On va également demander des vidéos et des éléments sonores afin de bien paramétrer notre simulation et de s’assurer qu’elle mette le soudeur exactement dans la même position que celle qu’il aura dans l’atelier de production, car la position pose parfois des difficultés.» Le casque proposé par Seabery est un vrai casque de soudage, adapté à la réalité augmenté grâce à des caméras. Lors de l’entraînement, le soudeur utilise au maximum du vrai matériel, que ce soit la cagoule, les gants et les torches. «C’est très important pour développer une bonne technique et une mémoire musculaire du geste à reproduire», note le responsable.
Gains financier et de temps
Mais dès lors, pourquoi s’entraîner sur un simulateur et pas dans le réel ? «La réalité augmentée permet de réduire les coûts, car on va économiser une partie du matériel mais aussi parce que certaines pièces à souder peuvent coûter plusieurs dizaines de milliers d’euros, répond Jorge Carrasco. Cette technologie permet aussi de gagner du temps de préparation, le client n’ayant qu’à appuyer sur un bouton pour lancer l’entraînement. Sans oublier qu’elle est attirante pour les jeunes générations, donc ça joue sur l’attractivité de l’entreprise, alors qu’on manque de soudeurs.»
Autant d’arguments qui ont déjà convaincu Alstom, Framatome et les Chantiers de l’Atlantique, pour ne citer que des clients français. Les projets les plus simples prennent un à deux mois, contre cinq à six pour les plus complexes. Dans la défense par exemple, Seabery a déjà développé un simulateur pour travailler le soudage d’un tank.



