Rien n'y fait... ou presque. Les critiques ont beau pleuvoir ces dernières semaines sur Facebook, la firme de Mark Zuckerberg résiste encore et toujours. "Jusqu'ici tout va bien", proclament les résultats trimestriels de la firme, publiés le 25 octobre 2021. Côté recettes, le réseau social reste addict aux revenus publicitaires, qu'il monétise en fonction de son audience. Au troisième trimestre de 2021, ils ont bondi de 33 % (par rapport à la même période de 2020) pour atteindre 28,2 milliards de dollars Le chiffre d'affaires, quant à lui, atteint 29 milliards sur le trimestre, en hausse de 35%.
Même pas peur d'Apple
C'est dire que, d'un point de vue économique, Facebook semble ignorer les soubresauts de l'actualité qui donnent parfois l'impression qu'elle est devenue l'entreprise la plus critiquée au monde. Avec les Facebook papers, les révélations de la lanceuse d'alerte Frances Haugen, la question du rôle de l'entreprise dans le débat public est à nouveau posée. Facebook est, en effet, accusé ou suspecté - selon les points de vue - de laisser sciemment partager des informations erronées, quand l'entreprise n'est pas pointée du doigt pour promouvoir les contenus les plus violents, parce qu'ils seraient plus addictifs et donc enclins à capter l'attention des utilisateurs.
Pour ne rien arranger, ajoutons la décision prise par Apple, qui propose désormais aux utilisateurs d'iPhone de ne plus être suivi par les applis tiers à des fins publicitaires. Chez Facebook, on reconnaît que cette décision a pesé sur les revenus publicitaires au troisième trimestre et devrait continuer à le faire ces prochains mois.
Un metaverse sinon rien
Reste qu'on ne peut qu'admirer l'intelligence tactique de l'entreprise fondée par Mark Zuckerberg, qui, au moment où son modèle "classique" est de plus en plus contesté, retourne à ses basiques : l'innovation. C'est le projet de metaverse, annoncé cet été. Un coup d'accélérateur a été donné lors de l'annonce des résultats du troisième trimestre. On sait désormais que ce projet va être confié à une filiale "Facebook Reality Labs", qui affichera ses propres résultats financiers. L'activité historique (on rappelle qu'on parle d'une entreprise fondée en 2004) regroupera le réseau social, mais aussi Instagram, WhapsApp et Messenger.
Facebook affiche ses ambitions. On savait déjà que l'entreprise prévoyait de créer 10 000 emplois très qualifiés en Europe dans les cinq ans à venir dans le cadre de ce projet de metaverse. On apprend ce 25 octobre que l'investissement dans ce nouveau projet devrait réduire le résultat d'exploitation de quelques 10 milliards de dollars en 2021. Et ce n'est qu'un début.
Voilà qui devraient modérer les ardeurs des gouvernements qui seraient tentés de démanteler Facebook, ce serpent de mer des gazettes spécialisés dans la régulation des entreprises. Qui osera se fâcher avec une entreprise ayant une telle capacité d'investissement ? Qui, en Europe, est prêt à faire une croix sur les emplois d'ingénieurs promis par Facebook ?



