En Isère, les salariés d’Arkema lancent une grève générale à la suite de ceux de Vencorex

Inquiets de l’absence de garantie sur la pérennité de leur usine, les salariés Arkema de la plateforme chimique de Jarrie (Isère) ont entamé une grève générale. Un contrecoup direct de la défaillance de son fournisseur voisin, Vencorex.

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Arkema à Jarrie
Face aux déboires de son fournisseur Vencorex à Pont-de-Claix (Isère) les salariés du site Arkema à Jarrie se sont mis en grève et demande à la direction des garanties sur l'avenir de l'usine.

Au sud de Grenoble, une grève en chasse une autre. Alors que l’ensemble des syndicats du chimiste Vencorex ont signé un accord de sortie de conflit juste avant Noël, après deux mois de blocage du site, c’est au tour des salariés de l’usine voisine d’Arkema, à Jarrie (Isère), de se mobiliser. Lors d’une assemblée générale le 11 janvier, ces derniers ont voté une grève générale effective depuis ce lundi. «C’est une manière de mettre la pression sur la direction qui ne donne aucune information sur la sécurisation des emplois à l’avenir», prévient Carole Fruit, secrétaire générale de la CFDT Chimie Energie Dauphiné Vivarais, en interview à L’Usine Nouvelle.

Cette situation est la conséquence directe des déboires de Vencorex, l’entreprise majeure (450 salariés) de la plateforme chimique de Pont-de-Claix, à proximité immédiate. Fragilisé par la concurrence asiatique, ce fournisseur historique du sel nécessaire à une partie de la production d’Arkema a été placé en redressement judiciaire en septembre dernier. Depuis, une seule offre de reprise a été présentée par une filiale de son concurrent chinois Wanhua, ne prévoyant le maintien que de seulement 10% des effectifs et l’arrêt de sa production de sel.

Effet domino

Conséquence : début décembre, Arkema a présenté un «scénario de recentrage» de son site, qui ne conserverait que les activités les moins consommatrices en sel. Difficile en effet, selon l’entreprise, de constituer des stocks suffisants ou de mettre en place un approvisionnement alternatif dans le délai imparti. La fin de la période d’observation de Vencorex est fixée au 10 mars prochain.

Ce qui a immédiatement provoqué la grève des quelque 140 salariés (sur les 340 du site) dont l’emploi est directement menacé par l’arrêt des productions de chlore/soude, chlorure de méthyl ou de fluides techniques, localisés au sud de la plateforme. Ces derniers ont donc été rejoints par ceux du nord ce lundi, inquiets de l’absence de chiffres donnés par l’entreprise sur l’ampleur du plan social prévu.

Contacté par L’Usine Nouvelle, Arkema n’a pas souhaité faire de commentaire et renvoie au prochain comité social et économique central de l’entreprise, le 21 janvier prochain. D’ici là, l’arrêt de la production a des répercussions sur l’industrie spatiale et nucléaire. L’usine iséroise fournit notamment du perchlorate nécessaire au carburant de la fusée Ariane ou du chlore gazeux pour Framatome, l’entreprise voisine.

«Le directeur n’est même pas descendu lundi matin voir les salariés. On a l’impression que cela ne leur fait ni chaud ni froid», regrette Carole Fruit. La grande inquiétude de la syndicaliste ? L’effet domino que pourrait provoquer la défaillance de Vencorex sur l’industrie chimique dans le sud de l’agglomération grenobloise, un bassin estimé à 6000 emplois directs et indirects. Et dont le site d’Arkema pourrait être une des premières victimes.

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