Steris va fermer une ligne de production d’appareils pour blocs opératoires, située au Haillan (Gironde) d’ici la fin du mois de mars 2025. Sur les 246 salariés du site, 96 vont perdre leur emploi, les auyres devraient être reclassés. Une grande partie d’entre eux étaient en grève, le 10 septembre, pour dénoncer un plan social dont les conditions ne leur conviennent pas.
La direction de l’entreprise, qui n’a pas souhaité répondre aux questions de L’Usine Nouvelle, assure dans un communiqué que «la part de marché de Steris en Europe et en France stagne aux alentours de 5%» et que «l’unité de production dédiée aux blocs opératoires n’a toujours pas atteint sa maturité financière».
Le comité social et économique et le syndicat Unsa de l’entreprise, dans un communiqué commun, regrettent une décision «strictement financière» et dénoncent un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE) «au rabais». Ils demandent «une amélioration significative du contenu au regard de «la faiblesse des mesures proposées à ce stade sur la durée et l’indemnisation des congés de reclassement, sur les dispositifs de formation qualifiante et de reconversion, et sur l’accompagnement des salariés proches du départ en retraite».
19e année d’augmentation des dividendes
Steris avait implanté son site du Haillan en 2011, rassemblant sur place des activités jusque-là établies en Suisse, en Angleterre et à Orléans. Il avait bénéficié depuis d’aides de la région Nouvelle-Aquitaine s’élevant à plus de 1,2 million d’euros. Les salariés de la filiale française de l’entreprise américaine, qui compte 16 000 collaborateurs et 200 sites dans le monde, sont d’autant plus amers que le groupe a vu son bénéfice net augmenter de 7% au premier trimestre de son exercice fiscal décalé. Steris a aussi annoncé, pour la 19e année consécutive, une augmentation des dividendes, et son action a atteint son plus haut niveau depuis 52 semaines, lundi 9 septembre.
Dans le même temps, l’entreprise dévoilait un plan de restructuration de 100 millions de dollars, visant à améliorer sa rentabilité, dont font ainsi notamment les frais les salariés du site du Haillan.



